Pully veut une boussole pour l’enfance et la jeunesse

La Municipalité consacre sa dernière année de législature à un chantier d’envergure : la création d’une politique de l’enfance et de la jeunesse. Avec un préavis d’intention, qui a été présenté au Conseil communal le 19 novembre dernier. L’exécutif entend poser un diagnostic complet avant de présenter, cette année, un préavis formel. Explications.
Pour la Municipalité, le choix d’un préavis d’intention tient à une volonté de transparence : faire le point sur les travaux menés durant la législature et clarifier les défis des prochaines années, notamment dans le préscolaire, le parascolaire et l’accueil jeunesse. « On a une vue d’ensemble, très dense, qui montre où en est la Direction jeunesse, Affaires sociales et Sécurité publique », relève Pauline Tafelmacher, conseillère communale. « Il y a aussi un élément essentiel derrière cette action, celui de rappeler que la jeunesse ne se limite pas à l’enfance. Les débats politiques doivent traiter des places en crèche ou en UAPE, mais également des problématiques propres aux jeunes. »
Les demandes d’accueil grimpent plus vite que l’offre
Lors de la séance du Conseil du 19 novembre, le préavis détaille d’abord le cadre légal (Confédération, Canton, LAJE, LSAJ, LProMin) puis dresse le bilan du plan directeur adopté en 2020. Le constat central concerne l’accueil extra-familial, avec une pression démographique qui ne retombe pas, où chaque nouvelle solution se heurte à des contraintes de locaux, de personnel et de planification.
Sur le préscolaire (0-4 ans), Pully compte aujourd’hui 200 places en accueil collectif, soit un taux de couverture de 22,3 %. Or l’étude de besoins, citée dans le préavis, fixe un objectif théorique à 48,8 % : « Il manquerait, à terme, l’équivalent de 210 places supplémentaires pour tendre vers ce niveau », précise la documentation. Sans surprise, cette dernière détaille également que la liste d’attente augmente, portée par l’évolution des modèles familiaux et par une population en hausse (+9,7 % entre 2014 et 2023).
Dans le parascolaire, plusieurs projets ont renforcé l’offre ces dernières années (UAPE, réfectoires, prestations de midi). Ils ont permis de soulager certaines listes d’attente, mais la situation reste sensible pour des tranches d’âge précises, notamment autour de la pause de midi au secondaire : « C’est une question compliquée : nos structures ne suffisent déjà plus, alors que créer des places se heurte à des contraintes techniques, politiques ou de lieux qui répondent aux exigences cantonales », rappelle Pauline Tafelmacher.
Espace Jeunes et prévention
Le second volet présenté insiste sur la jeunesse au sens large. Une enquête menée auprès des 13-18 ans a fait remonter des besoins de lieux de rencontre, d’activités, mais aussi de santé et de prévention. Au cœur du dispositif, l’Espace Jeunes, rouvert en 2022, accueille 50 à 60 jeunes par jour et assure un suivi individualisé pour une vingtaine d’entre eux. Le préavis décrit une pression croissante sur l’équipe, confrontée à des situations « complexes » et à un travail mêlant accueil libre, prévention, accompagnement socio-éducatif et coordination avec l’école et les services spécialisés. Un renfort est annoncé dans les perspectives, notamment pour stabiliser l’ouverture et renforcer la présence sur le terrain. Pauline Tafelmacher, qui s’exprime aussi comme mère, dit voir montrer les inquiétudes autour du numérique et des tensions entre jeunes : « Ce qui m’inquiète, c’est tout ce qui circule déjà très tôt via les réseaux sociaux : harcèlement, contenus inadaptés, violences. Et la vitesse à laquelle certains jeunes peuvent décrocher scolairement et socialement à cause de cela notamment. »
Enfin, la Municipalité annonce le lancement, au premier semestre 2026, d’un processus d’une année pour élaborer un concept communal : états des lieux, analyses des besoins (familles, enfants, jeunes, partenaires), définition d’objectifs, puis budgétisation des mesures, avec un horizon allant jusqu’au printemps 2027. Le préavis d’intention ne chiffre pas encore l’addition globale : il fixe une direction et appelle le débat. Sollicité sur plusieurs points, le municipal Jean-Marc Chevallaz en charge du dossier, n’a pas encore trouvé le temps de répondre à nos questions, nous reviendrons dans un prochain article avec ses éléments de réponses.


