Pully Québec – Un finaliste de « The Voice » en concert dans la région

Interview exclusive

Grâce à l’émission de télécrochet, Amir est propulsé sur le devant de la scène musicale francophone en 2014. Il quitte son emploi de dentiste à 29 ans pour se consacrer uniquement à la musique
photos presse

Propos recueillis par Thomas Cramatte | Après deux ans d’absence, le festival Pully-Lavaux à l’heure du Québec renoue avec artistes et public du 5 au 11 juin. Lynda Lemay, Cœur de Pirate ou encore Charlotte Cardin, les têtes d’affiche sont nombreuses. A l’occasion de la sortie de son nouvel album, le chanteur Amir nous a accordé un entretien. Interview.

Avant de rentrer dans le vif du sujet avec une série de questions, apprenons à connaître notre interlocuteur. Laurent Amir Khalifa Khedider Haddad, plus communément appelé Amir, voit le jour en 1984. Ce Franco-Israélien aux origines tunisiennes et marocaines possède un handicap qui semble de prime abord gênant pour un musicien: la surdité d’une oreille. Mais c’est sans compter sur l’optimisme de l’artiste qui préfère transformer ses faiblesses en avantages. 

Finaliste de l’émission « The Voice » en 2014, Amir gravira la scène de la salle Arnold Reymond de Pully, le 7 juin prochain dès 20h30. En tournée dans toute l’Europe avec son nouvel album « Ressources », l’artiste qui a permis à la France d’atteindre la 11e place du concours de l’Eurovision en 2016 est également membre de la troupe des Enfoirés. Papa d’un garçon de trois ans, l’auteur compositeur-interprète installé à Paris nous accorde une rencontre téléphonique. 

Le Courrier : Pensez-vous que votre surdité de l’oreille droite a  joué un rôle dans votre carrière musicale ?

Amir : (Rire) je ne pense pas, c’est une normalité pour moi. Je fais de la musique parce que j’aime la musique. Je n’ai jamais fait de rapprochement entre ma surdité et ma passion pour la chanson, ce sont les gens qui le font. Je n’entends pas d’une oreille, mais cela ne m’a jamais provoqué de handicap, au contraire, cela me permet de bien dormir en posant la bonne oreille sur l’oreiller. 

Le Courrier : Vous allez présenter votre dernier album « Ressources » le 7 juin prochain à Pully, est-ce votre première date en Suisse romande ?

Amir : Qu’il s’agisse de concerts ou d’événements organisés par des radios locales, j’ai déjà joué maintes fois en Suisse. J’ai fait quelques festivals aussi et c’est un grand plaisir de venir à Pully cet été. Il faut avouer que le cadre est idyllique pour les artistes. Le bord du lac, l’ambiance décontractée, la légèreté du public, tant d’éléments qui font la recette d’un bon festival. On sort de deux années très étranges, franchir à nouveau les frontières constitue une joie énorme pour moi et mon groupe.

Le Courrier : Que va découvrir le public de Pully le 7 juin ?  

Amir : Les visiteurs vont découvrir le live d’un artiste et d’une équipe de musiciens qui ont faim et qui ont une folle envie de remonter sur scène depuis de longs mois d’absence. Si nous avons pu recharger les batteries durant la pandémie, nous avons également profité de cette période pour concrétiser nos idées musicales. Cette tournée représente le vrai retour depuis l’ère Covid. Nous avons une niaque incroyable et allons la retransmettre sur scène.

Le Courrier : Combien de dates compte votre tournée ? 

Amir : Nous sommes programmés dans une bonne trentaine de festivals et salles de concert comme l’Arena de Genève. Nous avons choisi le festival Pully-Lavaux à l’heure du Québec, car nous connaissons sa notoriété et ses choix au niveau des artistes. J’ai la chance aujourd’hui de me voir proposer de belles scènes comme celle-ci, alors j’en fais profiter tout mon groupe. 

Le Courrier : 

Le public suisse est régulièrement considéré comme plus réservé par les artistes, est-ce aussi votre ressenti ?

Amir : Des amis artistes m’avaient prévenu de la difficulté qu’il pourrait y avoir à motiver le public helvétique. Mais lors de ma première prestation dans le pays, j’ai appris qu’il fallait se faire confiance et interagir de la bonne manière avec son public. Peu importe où nous nous présentons, il faut donner le meilleur. Aujourd’hui, je me suis présenté plus d’une dizaine de fois en Suisse et jamais je n’ai eu l’impression que le public était plus frileux qu’ailleurs. C’est peut-être une simple légende urbaine ou nous avons peut-être de la chance (rire).

Le Courrier : Les goûts musicaux sont-ils les mêmes en Suisse que dans l’Hexagone ?

Amir : A ce niveau-là, je me dois d’être sincère. Car les chansons qui sont appréciées par le public suisse ne sont pas forcément les mêmes qu’en France. Les Romands connaissent ma carrière, mais avec une autre évolution. Il arrive parfois que nous soyons surpris de voir les spectateurs chanter en cœur un titre qui ne connaît pas le même succès de l’autre côté de la frontière. Mais c’est intéressant, car cela fait vivre le concert de manière différente. Dans un live, il y a beaucoup de moments inattendus et c’est là que réside la magie du spectacle. 

Le Courrier : Avez-vous un rituel avant de monter sur scène ?

Amir : Nous travaillons ensemble depuis mes débuts en 2016, et déjà à cette époque, nous voulions avant tout transmettre de l’émotion au monde. On ne peut pas négliger le trac avant de monter sur scène. Pour se détendre, on trinque avec un petit verre avant de nous prendre dans les bras en faisant un cri de guerre. Un rituel qui nous suit depuis bientôt 300 concerts. Cela permet de faire monter l’adrénaline pour tout déchirer sur scène (rire).