Puidoux/Lac de Bret – Le barrage de Bret rejointoyé pierre par pierre
Depuis août, des ouvriers refont les joints des murs situés au sud du lac de Bret. Un chantier d’entretien qui vient de s’achever.


A deux pas du restaurant, les ouvriers ont passé plusieurs semaines à reprendre les joints du mur en moellons. Pas question de tout refaire. Seules les parties abîmées sont remplacées. « On passe d’abord le Kärcher, puis on pique les joints abîmés avant de tout souffler au compresseur », explique un ouvrier rencontré sur place. Les racines, le sable et les résidus sont retirés avant l’application d’un mortier adapté au contact de l’eau.
Sur la partie la plus raide de l’ouvrage, le long de la route principale, les ouvriers ont dû installer une ligne de vie et travailler avec des harnais. Les échafaudages ont été déplacés au fur et à mesure de l’avancement du chantier. Commencés le 5 août, les travaux se sont achevés le vendredi 9 octobre, avec quelques éventuelles retouches cette semaine.
250’000 francs d’entretien
Au total, la Ville de Lausanne aura consacré quelque 250’000 francs à ces interventions, dont une première intervention en 2024. Il ne s’agit pas de réparer un barrage défaillant, mais d’assurer son entretien. Les travaux ont été recommandés par le bureau d’ingénieurs chargé de surveiller l’ouvrage.
Et si les promeneurs parlent volontiers de la digue du lac de Bret, le terme de barrage est lui aussi correct. L’ouvrage actuel remonte en partie à 1918, lorsque le niveau du lac avait été rehaussé de trois mètres. Pierre-Antoine Hildbrand, municipal lausannois chargé de l’eau, revient sur l’histoire et la surveillance de cette retenue.
Du glacier du Rhône à l’eau du robinet
Avant 1875, le lac de Bret était un lac naturel, alimenté uniquement par les eaux de ruissellement et des sources des environs. Sa digue était elle aussi naturelle : un dépôt de moraine laissé par le glacier du Rhône. Une partie des eaux s’écoulait alors par le Forestay.
Tout change avec l’arrivée du chemin de fer Lausanne-Ouchy. En 1870, la compagnie décide d’utiliser l’eau du lac comme force motrice. Pour maintenir un niveau suffisant, elle fait construire un premier barrage et un canal permettant d’amener l’eau du Grenet. Les travaux s’achèvent en 1875.
En 1918, un deuxième barrage est construit en aval du premier. Le niveau du lac est rehaussé de trois mètres et la digue naturelle renforcée par un mur en moellons. Le sommet de l’ancien barrage reste d’ailleurs visible lorsque le niveau de l’eau est bas.
En 1957, la Ville de Lausanne rachète la concession pour utiliser l’eau du lac comme eau potable et industrielle. Une première usine de traitement est construite en 1960, puis agrandie en 1984. La prise d’eau sur le Grenet avait entre-temps été rénovée, en 1964.
Trois questions à Pierre-Antoine Hildbrand – Municipal lausannois chargé de l’eau

Le Courrier : On parle généralement de la digue du lac de Bret. Pourquoi utilisez-vous le terme de barrage ?
Pierre-Antoine Hildbrand : Il y a dans les faits deux barrages du lac de Bret. Nous préférons toutefois parler de l’ouvrage d’accumulation du lac de Bret pour désigner ces deux barrages. L’un est effectivement une digue (qui est un type de barrage), l’autre est un barrage-poids en béton et moellons qui accueille trois déversoirs de crue.
Comment surveille-t-on aujourd’hui ces ouvrages ?
Cette surveillance est une exigence de la Loi sur les ouvrages d’accumulation. La surveillance consiste notamment en une visite annuelle de l’ouvrage, à l’évaluation des mesures d’auscultation et à l’établissement du rapport annuel de surveillance par un professionnel expérimenté. L’autorité de surveillance est l’OFEN. »
Faudra-t-il entreprendre de nouveaux travaux prochainement ?
Une campagne d’une telle ampleur ne devrait pas se représenter avant plusieurs dizaines d’années, néanmoins quelques interventions ponctuelles pourront s’avérer nécessaires tous les 5 ans.


