Noble Nobel
Comment passer à côté de ce qui fut la surprise de vendredi dernier, le choix de Navi Pillay pour recevoir le prix Nobel de la Paix 2026.
Un soulagement de savoir que tout n’est pas encore perdu dans un monde que l’on croyait jusqu’ici aux mains des forts en gueule à l’absurdité chevillée au corps. Hasard ou absurdité du calendrier, quelques heures plus tard tombait la décision américaine d’officialiser les sanctions depuis longtemps prévues contre la Cour pénale internationale, puis celle d’interdire toute transaction financière avec cette même Cour. Humeurs identiques du côté d’Israël bien sûr, et on comprend bien pourquoi.
Comment ne pas y voir un signe clair, quoique subjectif, je l’assume, de justice et d’espoir face aux grotesques qui gouvernent. Le choix du comité Nobel, pas toujours du meilleur goût il faut le reconnaître, est cette année tombé au milieu de la cible. Une décision universelle de remettre au centre de l’échiquier les valeurs tant décriées du droit international en la personne de Navi Pillay.
Une humaine fierté renait en moi.
Cette juge sud-africaine de 85 ans s’est hissée au plus haut rang de la défense des droits humains et de la justice internationale que d’aucun cherchent à déboulonner. Une bataille que l’on jugeait comme perdue d’avance tant l’équilibre des forces et des moyens penchaient dangereusement du côté des brutalistes. Mauvais jugement.
C’est la nécessité de justice, la relevance du droit auquel tout un chacun est soumis qui est salué par le comité Nobel à Oslo. Une dignité retrouvée et valable que l’on soit fort en gueule ou timide maladif, Roi d’un lac, d’un golf ou d’un océan ou victime éternelle.
Ce vendredi 9 octobre, un signe de civilisation a été redécouvert sur la planète, et croyez-moi, ça a fait ma journée et mon week-end.


