Pro Life

Pro Life, cela se traduit littéralement par favorable à la vie. D’évidence, tout humain normalement constitué adhèrerait naturellement à ce concept bienveillant. S’y opposer relèverait de la pathologie clinique. Or, ce terme est devenu une marque, un slogan et un identifiant qui chapeaute et réunit la plupart des activiste anti-avortement américains. Dès lors, la notion de « vie » peut prendre une multitude de sens.

C’est une signification nouvelle et plus étriquée que la Cour suprême des Etats-Unis a donné au terme « vie » par son jugement de vendredi 24 juin en abrogeant l’arrêt « Roe v. Wade » de 1973, qui garantissait le droit à l’avortement. En cela, elle restait cohérente à sa décision de la veille de renforcer le droit au port d’arme…

Dans une Amérique scindée en deux depuis le passage d’un bulldozer bien connu, les camps apparaissent désormais comme irréconciliables. Les ultra-conservatistes n’entendent plus les progressistes, qui eux restent pantois, cloués sur place devant tant de discours simplistes et populistes. La Cour suprême qui se devait d’être hors partis ou, ad minima, à l’équilibre des tendances, a subi les affres de la politique politicienne et, mathématiquement, le pays penche vers une droite qui ne s’embarrasse plus de nuances.

Dans le cadre de l’interruption volontaire de grossesse, le choix de recourir à l’avortement relevait du choix personnel de chacune jusqu’à vendredi. La liberté de choisir pour soi-même est désormais interdite et fait l’objet de sanctions. C’est non seulement un retour en arrière de 50 ans, mais aussi la négation d’un combat mené de haute lutte pour un droit légitime et aussi, et surtout, une perte de démocratie. La France ne s’y trompe pas en travaillant d’arrache-pied pour faire entrer ce droit dans sa constitution.

Le pays de cocagne que représentait les USA a perdu de sa superbe. Le « Land of the Free » se profile de plus en plus comme une agence de publicité ou une multinationale, ce qui n’est pas neuf en soi. Quant aux gendarmes du monde, nous sommes en droit de nous demander si nous voudrions bien de l’aide de soldats issus d’une nation bipolaire. Peut-être l’Ukraine l’a-t-elle déjà compris en demandant des armes plutôt que des soldats…