Petit raccourci de vie

Rose-Marie Chappuis est née le 20 janvier 1925 à Lausanne, fait peu courant à Puidoux à cette époque.
Ses parents, Emile et Alice Chappuis (née Grandchamp), habitent Longchamp où ils exploitent le petit domaine familial. C’est aussi là, à Puidoux-Village, que la petite Rose-Marie passe son enfance et fait toutes ses écoles. Elle est la cadette des 4 enfants Chappuis. Cécile, l’aînée, Jean puis Nancy la précèdent et portent beaucoup d’attention à leur cadette de presque 9 ans. Tante et marraine, deux sœurs du papa, veillent aussi à son éducation. Son école obligatoire terminée, Rose-Marie part une année en Suisse allemande, à Meiringen, où elle travaille chez Hermann Würgler (prononcer Würgle) et s’occupe du ménage et des deux enfants de la famille.
De retour à Puidoux, Rose-Marie effectue divers services (on dirait maintenant des dépannages ménagers) dans plusieurs familles de la région, notamment au Collège de Puidoux, à celui de Grangeneuve, chez Robert Schopfer, et également en Drugex dans chacune des trois familles du hameau. Pendant une période plus longue, elle travaille aussi à Bex et elle s’y trouve pendant l’hiver 45-46, alors qu’un tremblement de terre secoue la région, faisant des dégâts au clocher de l’église de Bex (25 janvier 1946).
Entre ces divers services, Rose-Marie collabore aux travaux de la ferme de Longchamp. Elle s’engage aussi régulièrement aux Rueyres, pour y faire les effeuilles et les vendanges.
Mais il n’y avait pas que le travail ! Rosine, comme l’appelait déjà quelques-unes de ses amies, chante au Chœur des dames. Avec d’autres filles de Puidoux, elle participe aux activités de la société de jeunesse, sans en être membre bien entendu ! C’est là qu’elle rencontre René, vaillant lutteur. Le 22 mars 1951, ils se marient à la chapelle de Puidoux. Rose-Marie vient habiter en Paully; elle y partage la cuisine avec Marie, sa belle-mère, et Amélie, la grand-mère de René.
En 1952 naîtra Raymond, puis Christiane quelques années plus tard. Cela faisait donc quatre générations sous le même toit.
A côté du ménage, Rose-Marie participe aux travaux des champs et de la vigne du domaine. A un certain moment, il a fallu remplacer Marie derrière le banc du marché de Vevey. Disons-le franchement, ce n’était pas sa tasse de thé ! Elle préférait être au plantage, dans un talus à manier le râteau ou dans un champ de fraises plutôt que derrière ses cageots.
Ah ! puisqu’on parle de tasse de thé, Rose-Marie fut membre du comité de la Couture de Puidoux, mais aussi et c’est moins connu, de celle de Cremières. Créée par Mme Muller, la femme du régent, la Couture de Cremières avait organisé une ou deux ventes; avec le bénéfice, ces dames avaient acheté de belles chaises neuves qui servaient lors de diverses manifestations qui se tenaient au Collège de Cremières, les soirées scolaires et les Noëls mis sur pied par M. Muller, ainsi que pour les cultes du mercredi soir.
Il serait intéressant de savoir ce que sont devenues les chaises de la Couture de Cremières !
Les années ont encore passé et maintenant c’est Sophie, Mathias et Justine, les arrière-petits-enfants, qui vont faire visite à leur Rosine à la Maison du Pèlerin.

Sa famille