Paysan, mon métier, ma passion, mais pas que…

Cinq apprentis agricoles certifiés

De gauche à droite : Guillaume Corbaz, Fabien Colomb, Arnaud Chollet, Benoît Gottofrey et Vincent Bigler

Jean-Pierre Lambelet | Dans une période quelque peu troublée par des soucis économiques et sanitaires, il est bon de sentir l’enthousiasme et une forte volonté de se réaliser dans un métier difficile mais passionnant. C’est ce que vivent actuellement 5 jeunes hommes qui viennent de recevoir leur Certificat fédéral de capacité (CFC) à l’issue d’un apprentissage agricole. Pour acquérir et mériter ce CFC qui se déroule sur trois années, il faut bien sûr suivre des cours théoriques et pratiques à Agrilogie Grange-Verney, à Moudon.

Le programme de formation comprend notamment des cours de :

• Production végétale : travail du sol, semis-plantation, fertilisation, soins aux cultures et herbages, récolte-conditionnement-stockage, assurance qualité

• Production animale : soins aux animaux, affouragement, élevage, santé des animaux, commercialisation des animaux, assurance qualité

• Mécanisation : utilisation des matériaux, régler et entretenir les machines, exploiter et entretenir les bâtiments, sécurité au travail, protection de la santé

• Environnement de travail : économie d’entreprise, politique agricole, droit

Et durant ces trois ans l’organisation comprend :

• 1 jour de cours par semaine (360 périodes par an) en 1re et 2e années

• 22 semaines consécutives en cours blocs (880 périodes par an) en 3e année

• 8 jours de cours inter-entreprises

Il y a de quoi potasser ses cahiers pour emmagasiner une somme de connaissances dans des domaines aussi divers que la mécanisation, les végétaux, les animaux et la conduite d’un domaine. Ça n’a pas rebuté 5 jeunes hommes qui viennent de toucher leur CFC le 11 juillet dernier par la poste, au lieu de le recevoir de main à main lors d’une cérémonie de promotion annulée à cause de la pandémie du coronavirus. Monsieur Coronavirus a aussi perturbé les derniers mois de la formation qui se sont déroulés par visio-conférence devant son ordinateur, bon gré mal gré, et sans l’autorisation d’aller travailler vers son maître d’apprentissage durant les jours où ils étaient censés être en salle de cours…

Donc, Guillaume Corbaz, de Forel, a ainsi obtenu son 2e CFC après celui de charpentier réalisé en quatre ans chez Sonnay Charpentes SA à Granges. Avec l’obtention d’un premier CFC dans un autre métier, il a pu accéder directement à la deuxième année d’apprentissage agricole chez Stéphane Martin, à Puidoux, puis la troisième chez Nicolas Pauly, à Forel.

Fabien Colomb, de Forel, a également obtenu son deuxième CFC après celui de boucher-charcutier engrangé après trois années d’apprentissage à la boucherie-charcuterie Stuby SA, à Vevey. Lui aussi a pu commencer directement en deuxième année chez Sonnay Eric et Vincent, aux Tavernes, pour terminer la troisième année chez Jean-Paul Reichenbach, à Corcelles-le-Jorat.

Vincent Bigler, de Forel, a lui, parcouru les trois années en entier. Lors de la première année, il était chez Félix Luder, à Curtilles, puis les deuxième et troisième années chez Pierre Schlunegger, à Forel.

Arnaud Chollet, de Forel, a commencé et réussi en quatre ans un apprentissage de constructeur métallique chez Delessmetal SA, à Forel, avant de se lancer aussi directement en deuxième année au Domaine du Crest, à Jussy, et venir faire sa troisième année à Peney-le-Jorat, chez Patrick Pereira et Joël Croce.

Benoît Gottofrey, de Chesalles-sur-Oron, est le seul des 5 apprentis à ne pas avoir grandi sur le domaine familial car il n’y en a pas… Il a fait un CFC de menuisier en 4 ans chez David Giller Menuiserie et Charpente Sàrl, à Chesalles-sur-Oron. Accédant aussi directement à la deuxième année, il a passé ainsi deux ans chez Nicolas Pauly, à Forel.

Sur les cinq apprentis agricoles certifiés, 4 sont donc au bénéfice d’une première expérience professionnelle en dehors de l’agriculture, ce qui est aujourd’hui un atout précieux et le gage de pouvoir réaliser des revenus annexes si le besoin s’en fait sentir dans une paysannerie où il est de plus en plus difficile de boucler les deux bouts tant la pression sur les prix est grande. Admiratif, on ne peut être qu’admiratif devant la volonté et la force de travail de ces cinq jeunes hommes, si l’on imagine une journée commençant tôt à la ferme en finissant parfois assez tard tout en ayant pratiqué un autre job pendant la journée ! Bravo messieurs et bonne route !