Palézieux/Granges – La relève se construit
D’une poignée de personnes en 1996 à une cinquantaine aujourd’hui, Sonnay Charpente a célébré ses 30 ans à Granges (Veveyse). Un anniversaire marqué par la volonté de transmettre l’entreprise et le métier à une nouvelle génération.


« Une charpente ne tient jamais grâce à une seule pièce de bois ». Devant collaborateurs, clients, partenaires et politiques réunis jeudi soir à Granges (Veveyse), Daniel Sonnay n’a pas eu besoin de chercher bien loin sa métaphore. « Elle tient parce que chaque pièce trouve sa place, parce que chacune soutient l’autre. C’est pareil pour une entreprise. »
Trente ans après avoir lancé l’aventure avec son épouse Anne-Claude, ils sont désormais près d’une cinquantaine à travailler ici : « Il y avait Anne-Claude et moi, un couple, un projet, une envie, beaucoup de courage et certainement encore plus de questions », se souvient le fondateur. Lui sur les chantiers, elle derrière les téléphones, les factures et les papiers. Le travail se poursuivait le soir à la maison, au milieu d’une vie de famille qui allait compter quatre enfants.
Transmettre plutôt que grandir à tout prix
Si l’entreprise a changé d’échelle, Daniel Sonnay tient à ce qu’elle conserve son esprit familial. Une philosophie qui passe notamment par la formation d’apprentis : « Former un jeune, ce n’est pas simplement lui apprendre à mesurer, tracer, tailler ou assembler. C’est lui transmettre un métier, mais aussi une exigence, des valeurs et la fierté du travail bien fait. »
Sur les tables, chaque invité découvrait d’ailleurs une croix du charpentier réalisée en chêne par les apprentis de l’entreprise. Avec un défi lancé par le patron : « Ceux qui parviennent à la démonter et à la remonter en deux minutes peuvent venir se présenter lundi pour travailler chez nous. »
Faire de la place
La transmission sera aussi familiale. Antoine, l’un des fils du couple, prend progressivement des responsabilités dans l’entreprise. « Le grand objectif, peut-être le plus grand de ma vie, c’est de passer l’entreprise à nos enfants », confie Daniel Sonnay. Au moment d’évoquer cette relève, sa voix se noue sous l’émotion. Il se donne encore environ cinq ans pour accompagner la transition. « J’ai la chance d’avoir des gens efficaces qui veulent aller de l’avant. Je vais essayer de leur faire de la place le plus vite possible. »
Une relève qui devra poursuivre l’histoire sans forcément chercher à faire plus grand. Pour Anne-Claude et Daniel Sonnay, l’entreprise a aujourd’hui atteint une taille suffisante. L’enjeu sera plutôt de conserver ce qui a accompagné ses trente premières années : « La proximité avec les clients, le travail bien fait et cet esprit d’équipe qui a fait notre réussite. »
Texte et photos Thomas Cramatte


