Oron – Travaux de modernisation du réseau et qualité de l’eau

La chance que nous avons de vivre dans un pays où l’eau ne manque pas !

Gil. Colliard | Avec la mise en service du nouveau réservoir du Clos à Oron-le-Châtel, le réseau de distribution de l’eau potable d’Oron vit aujourd’hui, un immense changement. Cette modification majeure dans l’organisation du réseau implique diverses conséquences et désagréments passagers vécus par la population: coupures momentanées d’approvisionnement, eau colorée, ou bulles d’air, mais sans conséquence pour la santé. Une eau, très régulièrement contrôlée, qui est potable.

Nouvelle étape pour arriver à une autonomie communale en ressource d’eau potable

Mercredi 23 juin, le nouveau réservoir du Clos, comprenant deux cuves de 900m3 chacune, a été raccordé au réseau de distribution de l’eau d’Oron, remplaçant le réservoir d’Oron-le-Châtel ainsi que celui situé sous le château d’Oron, mis hors service. Ces derniers, datant des années 70, n’étant plus adaptés au besoin actuel de la population (réservoir d’Oron contenance 400m3, consommation Oron-la-Ville et Châtillens : 620m3). La création d’une nouvelle conduite de 4 km, a donné vie à  une véritable colonne vertébrale permettant le transfert de l’eau depuis Chesalles afin de desservir Oron-la-Ville, Châtillens, Vuibroye et Palézieux-Village. L’adaptation de deux étages de pressions différentes a occasionné plusieurs perturbations. Les travaux de mise en route ont fait ressortir les défauts et les points faibles du réseau : vannes et joints à changer, fuites sur les conduites, etc. Lors des mises en pression, des particules de rouille et de calcaire fixées dans les tuyaux se sont détachées, donnant un aspect rougeâtre à l’eau du robinet. Le plus gros a été purgé aux bornes hydrantes mais des résidus se sont infiltrés dans les petites conduites, sans conséquence pour la santé. « Nous ne pouvons pas aller purger tous les robinets. Pour remédier à cette coloration, il suffit de laisser couler l’eau jusqu’à ce qu’elle redevienne transparente. Je recommande aussi de nettoyer les petits filtres dans les brise-jets et pour les propriétaires de filtre d’entrée, de faire un contrôle visuel afin de s’assurer qu’il soit toujours propre. Quant à l’eau blanche, elle est simplement remplie de microbulles d’air et redevient claire au bout d’un petit moment » explique Arnaud Goumaz, fontainier, qui vient de subir plus de trois semaines de réparations non-stop sans compter la quantité de travaux annexes. « Nous avons vécu une période chaude, remplie d’imprévus à laquelle il faut ajouter une flambée des prix et le manque de disponibilité des pièces dues à la pandémie, nous mettant face à de grosses difficultés d’approvisionnement. Le personnel a travaillé jour et nuit ainsi que le week-end. Le maximum a été fait pour que chacun ait de l’eau. Sans nouvelle surprise, nous serons à bout touchant en fin de cette semaine. Des travaux seront encore en cours jusqu’au début septembre sur le tronçon Chesalles-Bussigny » détaille Christian Bays.

La qualité de l’eau potable, objet d’analyses régulières

Il y a une année, un léger dépassement de la valeur limite de chlorothalonil a été décelé dans l’eau du réseau d’Oron. Les dernières analyses effectuées au cours de la semaine du 5 au 9 juillet ont démontré que la présence de cette substance tend à s’estomper. Elle est actuellement de 116 nanogrammes/litre pour une tolérance de 100. Seuls les puits des Bures et de la Longive à Oron-la-Ville sont impactés. «Nous avons mandaté un bureau pour étudier différentes solutions pour remédier à ce problème, dont la filtration à la ressource. Les tests sont encourageants mais la mise en place est très coûteuse. Nous travaillons à trouver une solution acceptable tant au niveau de la santé que financièrement. Il faut comprendre que 100 nanogrammes/litre représentent le volume d’un carré de sucre dans un bassin olympique. Pour qu’il y ait une incidence, il faudrait boire deux bassins olympiques. Nous ne vendons pas de l’eau polluée et une distribution d’eau en bouteilles plastiques est totalement inutile, à l’exception momentanée d’une pollution» souligne le municipal des eaux rappelant la chance que nous avons de vivre dans un pays où l’eau ne manque pas. Plus de 50 analyses obligatoires sont faites chaque année par le laboratoire cantonal ainsi qu’une trentaine d’analyses surprises. Lors de chaque intempérie, ces contrôles sont également entrepris. « Si une pollution est avérée, nous avertissons la population de manière officielle, sans passer par les réseaux sociaux et prenons immédiatement les mesures adéquates » rappelle le fontainier.

Le service des eaux se tient à votre disposition au 079 423 91 37 en tout temps, en cas d’urgence ou de 7h à 17h du lundi au vendredi pour toute question.

14 juillet, alerte pollution due aux intempéries

Jeudi 15 juillet, en fin de journée, le Laboratoire cantonal signalait une pollution des eaux détectée dans les échantillons prélevés sur le réseau. A 17h30, une cellule de crise était sur pied, orchestrée par le fontainier. Les canaux d’Alertswiss ont été immédiatement activés. Les habitants de Chesalles, Bussigny, Oron-le-Châtel, Oron-la-Ville, Châtillens, Vuibroye et Palézieux-Village ont été informés personnellement de bouillir l’eau, jusqu’à nouvel avis, avant toute utilisation, par une brigade composée de pompiers, de la PC, de la voirie et des bénévoles qui ont fait du porte-à-porte jusqu’à 2h du matin. Parallèlement, un chlorage, un nettoyage et des purges aux B.H. du réseau ont été pratiqués pour tuer les bactéries et évacuer cette pollution due au lessivage des terrains occasionne par les pluies diluviennes. Une conta- mination dont plusieurs réseaux de distribution du plateau vaudois et fribourgeois se sont vus affectés. «Nous avons averti les restaurateurs en priorité, des palettes d’eau ont été livrées aux deux EMS de la commune. Les équipes ont travaillé 24h sur 24h pendant 48h et avons gardé la situation sous contrôle et attendons les résultats des nouvelles analyses. La météo étant de notre côté, les nappes vont baisser et la pollution disparaître avec les tirages» rassure Christian Bays qui remercie les brigades d’intervention pour leur engagement ainsi que la population pour l’accueil compréhensif réservé aux messagers. Depuis mardi matin 20 juillet, la situation est rétablie. L’eau est propre à la consommation.

Diverses interventions sur le réseau lors des travaux de raccordement du nouveau réservoir