Oron – Les élèves donnent leur souffle pour le Téléthon

On se rend compte tous les jours des difficultés des personnes handicapées

L’instigatrice du projet Lilou, à gauche, ainsi que Mathilde, Melina et Lili, les journalistes en herbe et participantes au Telethon

Melina, Mathilde, Lilou et Lili, 10vp2 – M.Madi | L’an dernier, des élèves d’Oron-Palézieux avaient souhaité faire participer l’école à la récolte de fond pour le Téléthon. Le résultat avait été un franc succès puisque qu’ils étaient parvenus à récolter Fr. 6850.- Ils ont réitéré l’expérience cette année, et toutes leurs espérances ont été dépassées, puisque la somme récoltée a été de Fr. 10’865.-. Pour l’occasion, certains élèves ont interviewé l’inspiratrice du projet, Lilou Inostroza, sur ses motivations. Ils ont ensuite interviewé Pierrick Frech, professeur de gymnastique, organisateur de la course. 

Elèves : Bonjour Lilou ! Quelle a été ta motivation pour proposer la course du Téléthon à l’école ? 

Lilou : J’ai un petit frère atteint d’une maladie neuro-musculaire. Je me rends compte tous les jours des difficultés des personnes handicapées. Quand je me vois, moi et mes amis, nous avons de la chance de pouvoir marcher, courir, faire toutes les activités que nous désirons. Tandis que d’autres n’ont pas cette chance-là. Avant que nous ne sachions que mon frère était atteint d’une maladie, je ne prêtais pas attention à cela. Par cette démarche, je souhaitais pouvoir aider les malades1, mais aussi sensibiliser les autres élèves aux problèmes que vivent quotidiennement les personnes handicapées. 

Quel genre de course était-ce et comment avez-vous récolté des fonds? Nous devions trouver des parrains et marraines qui promettaient une certaine somme, en fonction du nombre de tours de 50 mètres que l’on courait en 12 minutes. 

Comment t’es venue l’idée ? Mon frère avait déjà organisé une telle course avec son école. Mes parents m’ont dit que si j’avais envie de montrer à mes camarades que ce n’est pas facile de vivre avec un handicap, monter un tel projet serait une belle opportunité. 

Comment l’idée a-t-elle été reçue à l’école ? J’avais peur que les gens se moquent de moi et de ma proposition. J’en ai donc d’abord parlé à mes copines qui m’ont tout de suite soutenue. J’ai ensuite proposé mon idée à tous les élèves mais j’ai reçu plus de moqueries que de soutien. Courir pour les autres, certains n’ont pas compris le concept. C’était un peu dur. Mais les professeurs, eux, ont adoré mon idée. Grâce à l’aide de Pierrick Frech, notre professeur de gymnastique, nous avons organisé cette course en faveur du Telethon.

Quelle a été ta réaction face aux sommes gagnées ? Déjà la première année, c’était impressionnant! Mais cette année! Plus de 10’000.-! Et cela grâce à l’engagement de 142 élèves. C’est trop beau. Malgré le Covid, nous avons pu organiser la course et nous engager pour les personnes qui souffrent.

Passons à vous, Pierrick Frech. Quelle a été votre première réaction face à la demande de Lilou ? 

Pierrick Frech : C’était une bonne surprise! C’est tellement fantastique de voir des jeunes lancer de telles initiatives. On a tout de suite voulu tout faire pour les aider. 

Quelles consignes avez-vous reçues de la part du Téléthon pour l’organisation de cette course ? Je n’ai pas reçu de consigne ou d’exigence particulière. Simplement un numéro de compte où envoyer l’argent récolté. Et le Téléthon nous transmet une attestation. Cela offre une grande liberté pour n’importe quelle association qui souhaiterait organiser une récolte de fond, selon les modalités qu’elle désire.

Comment avez-vous fait pour motiver les élèves à courir ? Du côté des professeurs, nous voulions faire appel à l’esprit altruiste des élèves. Juste aider quelqu’un, sans intérêt particulier. Notre but n’était pas de les pousser. Il fallait que la démarche vienne d’eux, personnellement. Et au final, nous n’avons pas fait grand-chose ! Ce sont les élèves entre eux qui se sont motivés. L’instigatrice du projet a témoigné de sa vie auprès de son frère handicapé. Puis d’autres élèves ont parlé de leur propre expérience. Et finalement, ils étaient 142 cette année.

Comment s’est passé la course ? Avez-vous fait venir les élèves un mercredi après-midi ? Nous avons organisé la course durant les temps de gymnastique. Les élèves prenaient déjà du temps pour trouver des parrains et marraines, donc nous n’allions pas leur prendre encore plus de temps libre pour courir. Le fait d’organiser la course pendant les heures scolaires a permis aussi beaucoup d’implication de la part des élèves qui ne participaient pas. Ils étaient touchés par le projet, ils encourageaient les coureurs et même certains couraient à côté pour motiver les troupes. Cela s’est très bien passé.

Merci Lilou et Pierrick Frech d’avoir répondu à nos questions. 

1 – La totalité du bénéfice récolté par le Téléthon reste   en Suisse. 50% vont à la recherche et 50% servent   à l’aide sociale.