Oron – Le Team O’run Trail fête ses dix ans
Pas d’association, pas de cotisation, pas de comité, juste un groupe sur une messagerie instantanée né d’un coup de fil entre deux copains. Vincent Margot avait une idée, mais sans son ami Hervé Caillet, pas de groupe. Il a dit d’accord, dix ans plus tard, on y est toujours.

Pour cette journée anniversaire du 14 juin, rendez-vous à Oron-le-Châtel, juste derrière le château. Au programme, trois parcours de 7, 14 et 21 kilomètres, ont été tracés. Aujourd’hui, ils seront 29 coureurs à prendre le départ. Loin de l’imaginaire collectif d’un départ officiel, pas de ligne, pas de chrono, pas de pistolet, juste un simple : « Vous êtes prêts ? Alors c’est parti ! ».
Ambiance décontractée donc, sans trop de sérieux, car hormis l’objectif de boucler les deux boucles du jour, il s’agit avant tout de se faire plaisir. Si cela peut paraître un tantinet cliché, tout comme on peut l’entendre dans le sport avec le fameux « sortir de sa zone de confort », le Team O’run Trail c’est avant tout l’envie de courir ensemble, à son rythme, sans pression ni chrono.
Un nom « presque accidentel »
Hormis cette journée d’anniversaire, restent deux sorties par semaine, le lundi et le mercredi en fin de journée, toujours pensées pour durer une heure, avec deux allures possibles selon qui est là et l’envie du jour. Aujourd’hui, le groupe sur la messagerie compte 41 personnes, « Après un petit nettoyage parmi celles et ceux qui ne venaient plus », explique Vincent Margot.
Même le nom a son histoire. « On avait pensé à Run, car il y avait une histoire avec l’ancienne gare, mais je ne sais plus trop », sourit le sportif. Le mot collait de trop près avec une course déjà organisée à Oron par une autre équipe. Un message, une discussion, et finalement aucun souci des deux côtés. Le nom Team O’run Trail est sorti d’une petite votation entre membres.
« La première sortie, tout le monde s’en souvient »
Vincent le dit en rigolant : « Tout le monde se rappelle sa première sortie avec le groupe ». Pour Angélique Neyroud, c’était en mars 2016, sous la neige, « une vraie catastrophe ». Habituée à courir sur route, à plat, elle découvre d’un coup les montées, les descentes, une rivière à traverser les pieds dans l’eau faute de pont. « J’étais morte, je me suis posée dans le canapé après », raconte-t-elle. Mais l’ambiance, les blagues de Vincent qui reviennent en boucle, ce truc bon enfant qui fait qu’on a envie de revenir. Dix ans plus tard, elle n’a manqué aucune sortie. Même si d’autres membres doutent de ce « sans faute ». Mais une chose est certaine, c’est que le groupe lui a ouvert d’autres portes au passage : alpinisme, escalade, trail en montagne, tout ce que Vincent et Hervé pratiquaient déjà de leur côté via le club alpin.
Le rythme du plus lent
Pour Vincent, l’esprit du groupe tient à une règle qu’il n’a jamais vraiment annoncée, mais que tout le monde applique sans en parler : « On n’abandonne personne en chemin ». Concrètement, ça veut dire ralentir, faire demi-tour pour aller chercher les personnes à la traîne, attendre en haut d’une montée que tout le monde arrive. Ce n’est pas tant une question de niveau que d’état d’esprit, certains jours on a les jambes, d’autres non, et le groupe s’ajuste en conséquence, sans jugement. Chacun qui propose une sortie le fait à sa sauce, sans tracé figé, et c’est ce mélange qui donne sa couleur au groupe. Mais derrière cette liberté, il y a une vigilance de fond sur la sécurité, pour qu’aucune envie de suivre quelqu’un de plus rapide ne se transforme en mauvaise chute. Une philosophie qui explique aussi la longévité du groupe : on vient parce qu’on sait qu’on ne sera jamais largué, quel que soit son niveau du jour.
Venue pour l’ambiance, pas pour courir
Laurence Bellon, était là pour la première fois ce dimanche, par amitié pour Vincent et sa femme Joëlle. Coutumière de la course en solo, elle a néanmoins trouvé le parcours superbe, sept kilomètres parcourus avec plaisir. Mais elle ne se fait pas d’illusions sur une éventuelle suite : « Ce n’est ni la course, ni le groupe, c’est juste que j’aime courir seule, c’est mon kiff », confie-t-elle. Le genre de remarque qui rappelle que tout le monde n’a pas besoin d’un groupe pour être heureux sur un sentier, et que c’est très bien comme ça aussi.

avec son ami Hervé Caillet il y a dix ans

entre Chesalles-sur-Oron et l’arrivée au Château

cette journée anniversaire




