Oron-le-Châtel – Le château d’Oron

Suggestion de balade

Pierre Jeanneret | De nombreux habitants de notre région n’ont sans doute jamais visité ce joyau de l’architecture militaire du Moyen Âge, qui surplombe notre région. Nous vous invitons donc vivement à le faire.

Le château est ouvert aux visiteurs les samedis et dimanches dès 14 heures

De l’extérieur, ce château médiéval juché sur une colline en impose par sa masse. Bâtie aux 12e et 13e siècles, cette forteresse aux murs de trois mètres d’épaisseur, avec son donjon, ses échauguettes1, ses mâchicoulis2, contrôlait les routes menant de Bulle et de La Broye à Vevey et Lausanne. L’intérieur en revanche est assez différent. Il faut rappeler que la famille des barons d’Oron, vassaux du duc de Savoie, s’éteint en 1388. Elle est remplacée par les comtes de Gruyère, qui dilapident leur fortune. Celle-ci est récupérée par les conquérants du Pays de Vaud : Berne et Fribourg. De 1555 à 1798, 43 baillis se succèdent à Oron. Ils représentent le pouvoir de Leurs Excellences de Berne. Sous l’influence de leurs épouses, ils rendent le château plus confortable en l’adaptant au goût et au style des 17e et 18e siècles. L’édifice connaît de nouvelles transformations dues à deux familles de propriétaires privés qui se succèdent de 1801 à 1936. Il est depuis lors propriété de l’Association pour la Conservation du Château d’Oron, qui y a fait un remarquable travail de restauration : par exemple la recherche des couleurs d’origine des parois, et plus récemment l’ouverture au public du chemin de ronde. Dans plusieurs pièces, on admirera de magnifiques poêles de catelles peintes au bleu de cobalt. Chacun d’entre eux est illustré par un thème particulier : les voyages en Asie, les châteaux, les fleurs ou encore les fables de La Fontaine. On remarquera aussi de beaux meubles de style Louis XV. Des tableaux ornent les murs : portraits des baillis et de leurs épouses, ou aquarelles dans le goût romantique. Dans le salon de musique, un détail curieux : le coffre-fort des baillis bernois. Notons que la Révolution vaudoise de 1798 fut peu sanglante : les baillis d’Oron purent quitter les lieux en emportant leur trésor et leurs meubles… Seul le martèlement assez systématique des effigies représentant l’ours bernois témoigne de l’ardeur révolutionnaire. La pièce la plus imposante (dans laquelle il n’est malheureusement pas possible de pénétrer) est la prodigieuse bibliothèque du prince polonais Potocki, rachetée au 19e siècle par les propriétaires français du château. Elle comprend 18’000 volumes, dont quantité de romans très rares du 18e siècle, et même la fameuse Encyclopédie de Diderot, qui regroupe toutes les connaissances du Siècle des Lumières. Ensuite les plus hardis monteront dans le donjon, par un escalier très vertical. Les autres feront le tour du chemin de ronde, d’où l’on voit la poutraison impressionnante de la toiture.

Le château d’Oron est ouvert tous les samedis et dimanches après-midi d’avril à septembre. Des groupes peuvent le visiter toute l’année, après rendez-vous préalable : tél. 021 907 90 51

On peut aussi y organiser des fêtes et événements (mariages, anniversaires, réunions de sociétés, etc.) On trouvera tous les renseignements sur : https://chateaudoron.ch

1Guérites en pierre aux angles des châteaux forts, pour surveiller les alentours.

2Balcon au sommet des murailles ou des tours des châteaux forts, percé d’ouvertures à sa partie inférieure (permettant de laisser tomber des projectiles sur l’ennemi).

Le coffre-fort bernois
Détail de la cuisine
salle à manger XVIIIe siècle