Oron – La Fête de la forêt a tenu toutes ses promesses

Samedi 29 août, sous un soleil radieux, un nombreux public a répondu présent à l’invitation du Groupement forestier Broye-Jorat qui avait organisé la Fête de la forêt aux abords et dans le massif forestier de l’Erberey, à Oron.
Un parcours agréable parsemé de stands
Tout au long du parcours sécurisé préalablement avec l’abattage d’environ 120 m3 d’arbres présentant un danger potentiel, les entreprises locales ont effectué des démonstrations d’abattages mécanisés ou manuels, d’écorçage, de débardage par câble grue. Au stand des mycologues, de Beaverwatch et des apiculteurs, chacun a pu s’informer sur les champignons, les castors ou les abeilles. Des enfants se sont initiés au plaisir de la grimpe dans les arbres. A leur poste, les gardes forestiers ont rendu attentif le public aux difficultés de concilier biodiversité et sécurité, particulièrement lors d’un été caniculaire mettant les arbres en souffrance. Au petit refuge de la Pierre Blanche, les visiteurs ont pu apprécier le travail de réfection des écorces qui couvrent ses parois extérieures, détériorées par le temps, la météo et des actes de vandalisme. Le parcours s’est fait à pied ou en vieux tracteurs conduits par la brigade de l’Amicale des Bracaillons. Point de rencontre de la manifestation, le refuge de Chesalles, où à la buvette, des boissons fraîches et les pâtes de chalet de Marc-Etienne Caillat étaient servis.
Préparer les peuplements aux modifications climatiques
Sur le coup de 11h30, après une aubade donnée par le groupe de cors des Alpes, la partie officielle débuta par le discours de Daniel Sonnay, président du Groupement forestier Broye-Jorat, avouant son émotion de céder tout prochainement ce poste « quitter une fonction est relativement simple sur le papier, quitter une aventure humaine c’est autre chose. Gérer une forêt, c’est prendre des décisions dont les effets se mesureront parfois dans vingt, cinquante ou cent ans. Cela oblige à une certaine modestie ». Enumérant toutes les fonctions demandées à la forêt, il insista sur l’importance du soutien financier du canton et de la Confédération qui ont tendance à diminuer leurs efforts « On ne peut pas demander davantage en donnant moins. Nous devons préparer nos peuplements au changement climatique et accepter que les usages changent. Mais la forêt n’est pas un laboratoire pour toutes les modes du moment, ni un décor ». Après quelques mots adressés à la foule, Daniel Ruch, conseiller national, quittant, après 28 ans, la vice-présidence du groupement, rappela le manque de ressources humaines conduisant à une mécanisation grandissante du travail forestier. Il exprima son plaisir de voir des élus venus sur le terrain.
Les risques en forêt sont une responsabilité collective
Dernier orateur, Vassilis Venizelos, conseiller vaudois, chef du département de l’Environnement, souligna justement l’importance de venir sur le terrain afin de se rendre compte pour concilier une politique forestière bien équilibrée. Il rappela quelques chiffres : la forêt couvre 1/3 de la superficie de la Suisse. Soit 557 millions d’arbres pour bientôt 9 millions d’habitants, ce qui fait 64 arbres/hab. « La forêt, lieu de détente, poumon vert, protectrice des dangers naturels, fournisseuse de bois est la première victime du changement climatique qui se manifeste concrètement avec le brunissement prématuré des feuilles. Plus elle souffre, plus nous constatons combien nous avons besoin d’elle. Nous devons l’accompagner par une gestion active avec des essences adaptées menée par des professionnels, en faire une forêt résiliente, renforcer et anticiper les risques afin de rester accessible à la population ». Il souligna que des crédits supplémentaires ont été alloués dernièrement. Il annonça que contrairement à une récente jurisprudence qui, à la suite d’un accident lors de la chute d’une branche, condamne le garde forestier, il considère qu’il s’agit d’une responsabilité collective, de l’Etat. « La sécheresse de cet été est un sérieux avertissement, j’en appelle à l’action pour que dans 50 ans nos forêts perdurent ».
Grâce à l’implication des gardes forestiers du Groupement, des entreprises, des responsables des stands et particulièrement du personnel de la voirie d’Oron, cette Fête de la forêt a été une réussite et a permis de rapprocher la population des préoccupations actuelles liées à sa gestion tout en offrant une journée en plein air où la convivialité était bien présente. Merci à tous.




Daniel Ruch, conseiller national Vassilis Venizelos, conseiller vaudois chef du département de l’Environnement, Daniel Sonnay, président du Groupement forestier Broye-Jorat et Christophe Mohni, inspecteur cantonal des forêts





