Oron – A la Martine ouvre un espace libre pour les 16-25 ans
Tous les jeudis soir, les locaux de La Casa à Oron-la-Ville changent d’ambiance. Rebaptisé « À la Martine », l’espace devient un lieu de rencontre libre et inclusif pour les 16 à 25 ans. Un projet porté par trois jeunes adultes de la région.

Offrir un lieu accessible, sans inscription, sans obligation de présence, sans pression, voici l’ambition de Justine Sonnay, Margaux Delley et Allan Guida. L’idée ne sort pas de nulle part. Elle remonte au 29 avril 2023, lors d’un forum jeunesse organisé dans la commune, avant même l’ouverture du centre des jeunes La Casa.
Parmi les attentes exprimées il y a 3 ans, le souhait de créer un lieu de rencontre pour les 16 – 25 ans. « Une fois le collège terminé, il n’y a plus vraiment d’endroit pour se retrouver », expliquent les jeunes adultes. Si les clubs sportifs existent, peu d’espaces sont accessibles sans engagement formel.
A la Martine se veut justement libre : on peut passer une heure, boire un verre, discuter, repartir. Depuis la première ouverture en novembre, 27 jeunes différents ont franchi la porte.
Pas une animation, mais une co-construction
Quelle différence avec La Casa ? D’abord l’âge. Mais pas seulement. Ici, les fondatrices insistent sur la co-construction. Les soirées ne sont pas imposées, elles émergent des idées des personnes présentes. Crêpes, fondue, sushi, révisions collectives, les propositions naissent souvent dans la boîte à idées installée sur place. Le rôle des initiateurs « être là, faire respecter les valeurs, faciliter les échanges », expliquent Justine et Margaux. Plus participantes qu’animatrices donc, même si elles gardent un regard attentif sur le cadre.
Lors de l’inauguration qui s’est tenue le 26 février, on apprend que trois valeurs structurent le projet : l’inclusivité, le partage et la co-construction. Une charte les formalise à l’entrée du lieu. Dans sa prise de parole, la municipale Monique Ryf a salué l’engagement des jeunes adultes. Elle a rappelé que le lien social reste un pilier essentiel d’une commune.
Un témoignage spontané d’un nouveau résident, étudiant en psychologie arrivé à Châtillens en août 2025, a illustré l’utilité concrète du projet : sans cet espace, il pensait ne faire que traverser Oron avant de reprendre le train pour Lausanne. A la Martine lui a permis de créer des liens localement.
Et maintenant ?
Les prochaines soirées alterneront moments conviviaux et discussions plus thématiques : « santé menstruelle, communication non violente, ateliers poterie, jeux ou improvisation ». Le financement repose en partie sur le soutien communal. Sur place, une tirelire fonctionne au prix libre, afin de maintenir l’accessibilité.
A la Martine ouvre chaque jeudi soir jusqu’à 21 heures. Quant au nom, inutile d’insister : les porteurs du projet tiennent à garder le secret de ce qui se cache derrière « A la Martine ». Un mystère soigneusement entretenu, qui participe déjà un peu à l’identité du lieu…


