Opinion
Sortir Bourg-en-Lavaux de la politique de partis

Lucie de Palma Electrice de Bourg-en-Lavaux | Depuis 2015, la nouvelle loi cantonale imposant le système proportionnel aux communes de plus de 3000 habitants a profondément modifié la vie politique locale.
A Bourg-en-Lavaux, les partis sont entrés en lice : pour un citoyen désireux de s’engager en dehors des partis, pas d’autre choix que de se présenter seul, au prix d’une charge administrative lourde, ou rejoindre une liste non partisane. Pour offrir une alternative indépendante, le groupe BEL Action a vu le jour, répondant à un réel besoin : en 2016, il obtenait 26 sièges sur 60 au Conseil communal et plaçait deux représentants à la Municipalité. La suite est connue : pour maintenir son deuxième siège à l’exécutif en 2021, BEL Action décida de s’allier aux Verts, perdant de facto son indépendance initiale.
A Cully et Grandvaux où j’avais siégé, les débats publics avaient une place centrale en séance de Conseil. Elue ensuite à Bourg-en-Lavaux, j’ai vite déchanté. La nouvelle donne a déplacé les échanges derrière les portes closes des groupes politiques. Le débat démocratique s’est appauvri aux séances du Conseil : plus de questions ni de discussions – même sur des sujets majeurs, un positionnement gauche-droite figé dans la salle. Certaines décisions d’investissements stratégiques semblent désormais davantage guidées par des lignes partisanes plutôt que par les besoins concrets de la population et de ses 5 villages.
Une démocratie locale vivante repose sur des autorités à l’écoute de l’ensemble de la population, où qu’elle habite et hors des logiques de parti. Les préoccupations concrètes de ceux qui, au final, paient les factures doivent être prises en compte.
Pour la prochaine législature, les débats doivent revenir au Conseil communal, pour que des citoyens et a fortiori des jeunes aient envie de s’engager dans la politique locale. C’est de la responsabilité des partis de favoriser ces échanges.
Le moment est venu de rééquilibrer les forces au sein de la future Municipalité à 5 membres et au Conseil communal. De laisser la place à une nouvelle manière de gouverner, pour les citoyens et non plus pour les partis politiques.
Votre voix compte. Le 8 mars, chacun et chacune peut faire la différence dans les urnes.


