Opinion

La fiscalité reste trop élevée dans notre canton

Lydia Masmejan | Vaud continue de figurer dans le peloton de tête des cantons les plus chers en termes d’imposition dans notre pays. Rien ne justifie un tel niveau d’impôts. Un rééquilibrage vers la moyenne suisse s’impose de toute urgence. Vaud se trouve toujours parmi les cantons qui perçoivent le plus d’impôts. C’est ce que vient de relever une fois de plus l’Administration fédérale des finances (AFF), en toute objectivité, dans sa dernière étude comparative publiée au début de cette année. L’AFF a relevé les indices du taux d’exploitation du potentiel pour « démontrer dans quelle mesure la capacité économique fiscalement exploitable d’un canton est, en moyenne, soumise à des redevances fiscales ». En moyenne suisse, le potentiel des ressources est grevé de redevances fiscales cantonales ou communales à hauteur de 24,7%. Mais Vaud dépasse largement ce niveau d’imposition. Avec environ 32%, il atteint de tristes records, juste derrière Neuchâtel et Genève. Il se sert trop goulûment dans la manne collective. La Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie (CVCI) a aussi mis en évidence cette situation dans la 5e édition de son étude fiscale comparative, mettant en perspective la charge des contribuables aux niveaux suisse et international.

Les communes pénalisées

Dans le canton de Vaud, la pression fiscale est objectivement forte. Le phénomène s’accentue par la problématique des communes. En leur infligeant une facture sociale de plus en plus importante, l’Etat force celles-ci à augmenter les impôts. Il leur prélève chaque année plus d’argent et les appauvrit. C’est la raison pour laquelle une grande partie d’entre elles n’ont pas pu baisser leur taux d’imposition cette année, malgré la reprise des charges de soins à domicile par le canton. C’est ce qu’explique d’ailleurs un article de « 24 Heures » paru dernièrement. Dans ces circonstances, l’Etat boucle fièrement ses comptes avec des excédents de recettes, qui se chiffrent en centaines de millions. Il se targue d’une bonne gestion et d’être aux côtés du contribuable avec un « impôt heureux ». Il se vante aussi de ses réserves et de l’ampleur de son travail bien mené. Cette hypocrisie ne trompe personne. Au final, c’est bel et bien le contribuable qui trinque avec une fiscalité comparativement bien plus élevée que dans le reste de notre pays. Dans les faits, rien ne justifie ce « record fiscal ». Zurich et Berne sont aussi des cantons universitaires avec de Hautes Ecoles et des pôles culturels. Ils comptent aussi de grandes agglomérations. Et Vaud n’est objectivement pas plus généreux que les autres cantons dans la crise du Covid-19. Cette situation doit changer. Et c’est pour toutes ces raisons que la CVCI, accompagnée des autres organisations économiques du canton, avait engagé une campagne intitulée « Vache à lait » pour défendre le contribuable et favoriser un rééquilibrage de la fiscalité vers la normalité et la moyenne suisse. lydia.masmejan@cvci.ch