Opinion

Accord de libre-échange avec l’Indonésie : non à l’huile de palme !

Josée Martin, Les Vert.e.s, Savigny | Bon, tout le monde le sait, l’huile de palme est présente partout dans nos aliments industriels, comme les biscuits, les céréales de petit déjeuner, les pâtes à tartiner, le chocolat, le pain, les pâtes à pizza, les glaces, les soupes instantanées, la margarine, les chips… et j’en passe. Et même si sa présence n’est pratiquement jamais mentionnée comme telle dans la composition des produits. Très bon marché, crémant les aliments, elle est appréciée par les fabricants et s’est peu à peu imposée en lieu et place des huiles indigènes (colza et tournesol notamment). Le 7 mars, nous allons voter sur ce sujet, ou plutôt sur l’Accord de libre-échange économique conclu avec l’Indonésie. Cet accord réduit les taxes douanières prélevées sur des marchandises exportées entre l’Indonésie et la Suisse.  

Pas bon pour la santé

Du côté la santé, l’huile de palme est généralement déconseillée en raison de sa forte proportion en acides gras saturés qui augmentent nettement les risques de maladies cardio-vasculaires.


Néfaste pour les forêts, la biodiversité et la population

Si la consommation d’huile de palme est peu recommandée pour la santé, sa production pose également problème. Cette monoculture de masse porte atteinte à l’environnement, entraînant la disparition accélérée de forêts tropicales et d’espèces animales elles aussi menacées. Elle porte également atteinte aussi aux paysans locaux qui se trouvent privés de leurs terres et travaillent dans ces exploitations dans des conditions souvent déplorables. Les femmes sont particulièrement concernées, dans des plantations abusant de pesticides nocifs et recourant au travail des enfants. En ce qui concerne l’huile de palme, des dispositions générales sur le développement durable ont été introduites dans l’accord pour tenter d’amoindrir les effets désastreux de cette culture pour l’environnement. Cela, pourtant, de manière non contraignante, dans le but de promouvoir une huile prétendument «durable». Des dispositions sans garantie, ni contrôle ni sanction et qui, au total, ne sont nullement convainquantes. 

Concurrence pour l’huile de colza

Cette huile de mauvaise qualité sanitaire, si pratique cependant, concurrence fortement la production suisse d’huile de colza et de tournesol. Cela, alors que le monde paysan est toujours davantage mis sous pression par des prix de vente trop bas. Cet accord de libre-échange comprend encore d’autres dispositions (sur les investissements, la protection de la propriété intellectuelle, la suppression d’entraves commerciales non tarifaires et la coopération économique) surtout intéressantes pour les secteurs bancaire et pharmaceutique. Au-delà de ses conséquences écologiques, humaines et sanitaires discutables, cet accord aurait pour effet direct d’accroître encore les échanges commerciaux internationaux, avec leur lot de transports aériens et maritimes polluants et aux dépens de notre économie locale. Pas vraiment ce que nous voulons. En conclusion, pour notre santé alimentaire, notre agriculture locale, la protection de l’environnement, les conditions de production en Indonésie, je voterai non à cet accord de libre-échange qui en préfigure un autre, encore plus néfaste, avec les pays d’Amérique latine.