« On a voulu clore en beauté ce défi Oron-Milan »
Vendredi soir, la salle Au Battoir de Palézieux-Village réunissait athlètes, bénévoles, sponsors et autorités communales autour d’un repas de remerciement. Une soirée pour célébrer une aventure humaine et sportive « hors du commun », portée par un comité de la région d’Oron au profit de l’association PluSport.
Du 1er au 5 février derniers, dix-neuf athlètes avaient relevé un défi fou : relier Oron à Milan en cinq jours, à pied, à la rame, à vélo et à ski de randonnée, à travers les Alpes. Une
traversée exigeante, semée d’embûches météorologiques – dont un vent violent qui avait rendu la deuxième journée difficile mentalement et physiquement – et d’un passage alpin à terminer à la boussole, sans visibilité ni réseau. Ce vendredi soir, c’est autour d’une table bien garnie que le comité organisateur a voulu dire merci à tous ceux qui ont rendu l’aventure possible, dont les autorités de la commune d’Oron, qui ont soutenu le projet dès ses débuts.
« On voyait qu’ils étaient sérieux »
Ces mots, ce sont ceux de Nicolas Mani, responsable de l’antenne romande de PluSport. Au micro, il a chaleureusement salué les athlètes et l’ensemble du comité, évoquant qu’il s’agissait d’un défi riche en émotions et remarquablement organisé. Il s’était également exprimé lors de l’arrivée à Milan : « Ils sont dingues. Le jour où ils m’ont contacté, j’ai tout de suite compris que c’était du sérieux. »
Les fonds récoltés vont au-delà des espérances initiales, avec quelque 40’000 francs reversés à l’association, témoignent de l’élan de solidarité suscité par le projet. Une visibilité médiatique importante, via la presse écrite, la radio et la télévision, est venue amplifier le message de PluSport, dont la mission est de rendre le sport accessible à toutes les personnes en situation de handicap partout en Suisse.
En marge de la soirée, Marc Platel, vice-président du comité d’organisation et l’un des dix-neuf athlètes, se confiait avec émotion sur les moments forts de l’aventure. Il se souvient notamment de la deuxième journée, la plus difficile moralement : « Vu les conditions météorologiques, notamment dues au foehn, la première partie de journée était extrêmement difficile. Sur les vélos, nous avions le sentiment de lutter sans vraiment avoir l’impression d’avancer, on perdait énormément d’énergie ». Le passage des Alpes, lui, avait été redouté, mais s’est finalement bien déroulé grâce à trois guides de haute montagne qui ont adapté les itinéraires face aux risques d’avalanche. Non sans intensité toutefois : « Après Zermatt, on a fini à la boussole, sans visibilité ni réseau. Sans guides, on serait peut-être encore dans la montagne à attendre le printemps », plaisante le sportif.
Mais c’est l’arrivée à Milan qui restera le moment le plus fort, « gravé pour la vie », selon ses propres mots. Devant la Maison suisse du sport, alors que le président de la Confédération et sa délégation les attendaient, l’équipe a choisi de laisser passer en premier Thibaut Sprenger, athlète en situation de handicap : « On lui a dit : c’est toi qui dois franchir cette ligne en premier, tu es le symbole de cette aventure. Là, c’était stratosphérique ». Et c’est précisément là que tout a pris son sens : « Au Battoir pour clore en beauté le défi Oron-Milan », résumait-il avec le sourire, vendredi soir. Thibaut Sprenger, présent lui aussi à la soirée, incarnait une fois encore la raison d’être profonde du défi Oron-Milan : « Faire du sport, un espace d’inclusion, pour toutes et tous. »





