Modification de la loi sur la chasse et de la protection des mammifères et oiseaux sauvages:

un compromis indispensable à une cohabitation équilibrée

Florence Gross, vice-présidente du PLR Vaud. Députée Epesses | Le 27 septembre prochain, nous sommes appelés à voter sur la révision de la loi sur la chasse, la protection des mammifères et des oiseaux sauvages. Celle-ci définit les animaux sauvages protégés, les espèces animales pouvant être chassées et les périodes de protection. Cette révision est nécessaire, la loi actuelle datant de plus de 35 ans. La réglementation proposée est sobre et moderne et représente un compromis qu’il y a lieu d’accepter; tout comme le recommande d’ailleurs tant le Conseil fédéral que le Conseil national et le Conseil des Etats. Les opposants parlent de « loi d’abattage » en illustrant leurs très nombreuses affiches avec des cygnes, castors, loutre et lynx entre autres, victimes de cibles et donc de tirs. Ces propos mensongers ne doivent être acceptés alors même que la révision de la loi proposée amène davantage de protection pour les espèces animales, notamment par une régulation stricte parfois admise qu’en cas de nécessité. Oui il peut y avoir nécessité. L’exemple vécu actuellement avec le loup doit être cité. Le loup, avec cette loi, reste une espèce protégée; les meutes sont dès lors conservées. Toutefois, les cantons pourront décider de réguler les membres d’une meute afin de prévenir les dommages, souvent importants pour les troupeaux de moutons, chèvres et vaches entre autres. Anticiper car mieux vaut prévenir que guérir surtout lorsque on voit les images des effets parfois dévastateurs des loups sur certains troupeaux. Pour les bergers et les agriculteurs, la situation n’est plus viable. Il est donc primordial que cet animal conserve sa crainte naturelle de l’être humain, des troupeaux et des zones habitées. En résumé, le loup reste protégé, mais sa population peut être gérée. Alors que le « consommer local » prime en période de crise sanitaire, la population doit aujourd’hui par des actes et non uniquement par des idéologies, défendre les professions qui permettent cette consommation locale. Les défendre c’est accepter cette loi, qui protège et permet le maintien de la production de produits régionaux. Les effectifs de différentes espèces évoluent rapidement. Dès lors, les cantons doivent pouvoir bénéficier d’un outil leur permettant de réguler celles-ci, toujours de manière modérée et proactive. Nous parlons bien de régulation. L’être humain doit pouvoir cohabiter avec tout type d’animal sans en subir des dégâts importants. La loi proposée, prend en compte cette problématique en proposant une gestion pragmatique de la faune, tout en renforçant la protection de certaines espèces. La révision de la loi qui nous est soumise offre donc un équilibre entre préservation et protection. Elle définit les animaux sauvages protégés, les espèces animales pouvant être chassées et les périodes de protection. Dans le respect du fédéralisme cher à ce pays, elle octroie diverses compétences aux cantons afin de prendre en compte les spécificités territoriales locales; la Confédération participera toutefois financièrement davantage à la surveillance de la faune. Cette loi révisée amène donc l’équilibre nécessaire. Réguler la nature est aujourd’hui indispensable sachant que nous exploitons ses ressources afin entre autres de nous nourrir. Exploiter tout en la respectant, c’est ce qui est proposé ici. Nous souhaitons tous respecter la biodiversité et c’est l’équilibre amené par cette loi qui le permettra. Des règles claires sont maintenant nécessaires pour que tous puissent cohabiter. Enfin, rappelons que les chasseurs, surtout dans notre canton, sont soumis à des examens stricts et exigeants et que dans leur activité, ils respectent de nombreuses règles. Ces chasseurs qui maintiennent une tradition millénaire sont certainement les personnes qui connaissent le mieux la faune et surtout qui la respectent. Connaître la biodiversité, la faune ne se résume pas à aller se balader le dimanche en forêt. Une tradition certes mais en aucun cas figée, ni enfermée dans des certitudes, insensible aux évolutions de notre société. C’est les chasseresses et chasseurs ainsi que les milieux agricoles acceptent cette révision de la loi sur la chasse, et je vous encourage à faire de même.