Mézières – Grand succès du 10e Giron des Musiques

La fin de semaine dernière, les hauteurs paisibles de Mézières, unies à toute la commune, ont célébré, avec un éclat remarquable, le dixième Giron des Musiques du Lavaux et du Gros-de-Vaud, organisé sous les auspices du cent trentième anniversaire de la Fanfare du Jorat. Cette vénérable société, animée de cet esprit de dévouement qui honore les traditions populaires de nos campagnes, prit sur elle l’entière charge de la manifestation au profit des dix formations composant le Giron, tout en s’abstenant, avec une élégante discrétion, de participer elle-même aux concours.
Sous la direction du président d’organisation, Marc Chappuis, homme dont le calme olympien semblait dominer jusqu’aux moindres mouvements de cette vaste entreprise, les festivités se déroulèrent avec une précision admirable. Dans ce coin de pays, où l’on cultive l’art des réjouissances avec une cordialité presque naturelle, nul besoin de prétexte pour attirer la foule : le succès de la fête paraissait acquis d’avance. Aussi Marc Chappuis pouvait-il, non sans une légitime fierté, saluer l’engagement de la commune ainsi que celui des nombreuses entreprises locales, dont le concours permit à cette célébration de s’épanouir dans des conditions idéales, favorisées encore par un ciel généreux et lumineux. Une armée de bénévoles, œuvrant sans relâche et souvent dans l’ombre, contribua avec un admirable dévouement à la réussite de l’événement.
Dès le jeudi, et durant toute la fin de semaine, les animations se succédèrent sans interruption. Une cantine où se déroulait la plupart des repas et le Théâtre du Jorat, ce vaste écrin de bois dont la renommée dépasse les frontières du canton, offrit aux festivités un cadre aussi noble qu’accueillant. Le vendredi soir, Yann Lambiel présenta trois de ses confrères humoristes devant un public conquis. Le lendemain, samedi, les dix formations musicales entrèrent en lice. Deux juges, Vincent Maurer et Victor Mariétan, examinèrent les prestations avec cette rigueur éclairée qui cherche moins à condamner qu’à guider vers le perfectionnement.
Ainsi se produisirent successivement : l’harmonie La Lyre d’Echallens, dirigée par Marco Folani ; l’Harmonie Municipale d’Epalinges, sous la conduite de Christophe Brinkle ; L’Echo des Rochers de Puidoux, dirigé par Antoine Rabut ; le Corps de Musique de Forel, conduit par Stéphane Pecorini ; l’Union Instrumentale de Forel, sous la baguette de Boris Oppliger ; L’Echo du Sauteruz de Bercher-Vuarrens, dirigé par François Bernardi ; L’Avelyre de Belmont-Cully, conduite par Gian-Marco Raffaele ; le Corps de Musique d’Yvonand, sous la direction de Loan Noirjean ; La Villageoise de Pomy, dirigée par Yves Hürlimann ; enfin, la Fanfare de Cheseaux, menée par Romain Dubugnon. Toutes se soumirent, dans l’enceinte solennelle du théâtre, au verdict attentif des juges.
En fin d’après-midi, les sociétés participantes défilèrent avec un sérieux empreint de dignité dans les rues de Mézières, faisant résonner cuivres et tambours sous les regards ravis de la population. L’amicale des Bracaillons ajouta encore à la couleur du cortège en présentant d’anciens tracteurs, restaurés avec un soin passionné qui témoignait d’un profond attachement aux traditions rurales. Invitée d’honneur, la Fanfare de Perroy offrit une prestation particulièrement remarquée. Outre les concours, maintes autres animations vinrent enrichir cette fête populaire et musicale.
Les plus jeunes ne furent point oubliés. Un concours individuel leur fut consacré dans le temple protestant de Mézières, où deux juges apprécièrent leurs prestations tandis qu’une pianiste les accompagnait avec délicatesse.
Le dimanche enfin, les solistes ainsi que les petits ensembles du Giron rivalisèrent de talent dans la grande salle et dans le temple de la localité. A midi, sous la vaste cantine dressée pour l’occasion, un repas fut organisé à l’occasion de la Fête des mères, réunissant familles, de musiciens et visiteurs dans une atmosphère chaleureuse. Le palmarès des concours des solistes et des petits ensembles fut annoncé au son de l’ensemble des Jeunes du Giron, dont l’ardeur et la fraîcheur semblèrent porter vers l’avenir les traditions musicales de toute une région.










