Mézières – Former davantage pour mieux tenir le terrain
Bilan 2025 de la protection civile

Réunie à la grande salle de Mézières pour son rapport de gestion, l’Organisation régionale de protection civile (ORPC) Lavaux-Oron a déroulé le film d’une année 2025 bien remplie. Mais derrière les missions, les chiffres et les promotions, un enjeu s’impose : renforcer la formation des astreints et des cadres, alors que les effectifs diminuent et que les attentes, elles, ne faiblissent pas.
A Mézières, le rapport de gestion de l’ORPC Lavaux-Oron n’a pas seulement permis de revenir sur douze mois d’activité. Il a aussi mis en lumière un point de tension bien réel : la formation. Dans un contexte marqué par les risques climatiques, sanitaires et géopolitiques, la protection civile doit rester prête à intervenir. Encore faut-il disposer d’astreints suffisamment formés pour répondre aux exigences du terrain et soutenir les autorités en cas de besoin.
Le major Olivier Pittier, commandant ad intérim, a rappelé les trois objectifs fixés à l’organisation. Le premier concerne la préparation et la coordination internes. Le deuxième vise la cohésion du groupe. C’est précisément sur ce point que se situe la principale difficulté : « L’ORPC souffre d’un manque de formation adaptée aux besoins du terrain. Une lacune qui peut peser sur la motivation des astreints et sur la relève des cadres. » Dans son discours, le major explique que plusieurs miliciens hésitent en effet à suivre une formation d’officier, celle-ci impliquant une obligation de servir plus longue. Pour y répondre, l’organisation mise notamment sur des formations plus ciblées et sur l’engagement des chefs d’instruction afin de maintenir la dynamique et favoriser la « montée en compétences ».
Le troisième objectif tient en un mot : autonomie. L’ambition est que chaque milicien puisse accomplir sa mission efficacement, même sans soutien direct du personnel professionnel et des feux bleus. Dans une organisation fondée sur le système de milice, cette capacité d’action reste essentielle pour garantir l’efficacité du dispositif. Cette exigence intervient alors que les effectifs diminuent. L’ORPC Lavaux-Oron comptait 340 astreints en 2022, contre 271 fin 2025, après 35 départs liés à la limite d’âge. Une évolution qui pousse l’organisation à se restructurer : « Dès 2026, elle ne comptera plus que deux compagnies au lieu de trois afin de mieux répartir les compétences. »
Rétrospective 2025
Malgré ces défis, l’année 2025 a été particulièrement active. Au total, 2639 jours de service ont été effectués, principalement lors des cours de répétition et des formations. Plusieurs engagements ont également été menés en faveur de la collectivité et lors d’interventions ponctuelles en situation d’urgence.
La traditionnelle journée d’essai des sirènes a mobilisé quelque 80 miliciens. Les spécialistes de la protection des biens culturels sont intervenus pour déplacer et sécuriser (dépôt et abri des biens culturel de Lucens) les archives de Saint-Saphorin, où certaines datent du XIVe siècle. Un travail discret mais essentiel pour la sauvegarde du patrimoine. L’ORPC Lavaux-Oron a aussi participé au passeport vacances. Une vingtaine d’enfants ont pu découvrir les missions de la protection civile, son matériel et le fonctionnement d’un hôpital souterrain. Une activité qui sera reconduite cet été afin de mieux faire connaître l’organisation auprès des jeunes.
Parmi les engagements figurent également ceux au sein de l’ARFEC (Association romande des familles d’enfants atteints d’un cancer), avec l’accompagnement d’enfants atteints lors d’un camp. On note aussi une présence au Xtratrail Lavaux ainsi qu’au Lausanne Marathon, où les miliciens ont par exemple assuré la sécurisation du parcours et la gestion du trafic. L’été 2025 a aussi été marqué par plusieurs épisodes de canicule. Les astreints ont alors assuré un suivi de personnes vulnérables afin de prévenir les risques liés aux fortes chaleurs.
Des missions qui continuent
Pour 2026, l’ORPC Lavaux-Oron se prépare notamment aux engagements liés au sommet du G7 à Evian et au passage du Tour de France féminin dans la région. La formation des cadres et les synergies avec les ORPC voisines resteront également des priorités. La soirée du 12 mars s’est finalement conclue autour d’un repas préparé par les cuisiniers de l’ORPC, rappelant qu’au-delà des exercices et des missions, la cohésion reste l’une des forces essentielles de la protection civile.


