Mézières – Du haut de cette Grange, un siècle de théâtre vous contemple
Week-end inaugural + Optraken au Théâtre du Jorat

Les 6 et 7 septembre, le Théâtre du Jorat sera en fête pour célébrer officiellement son renouveau architectural terminé ce printemps. Au programme, visites guidées, partie officielle, improbables circasseries et autres animations endiablées.
Il faut reconnaître que la situation du Théâtre du Jorat est tout à fait cocasse. De fait, quelle autre commune de tout juste 3000 habitants (et encore, après fusion) peut-elle se targuer d’accueillir en son sein un tel monument architectural et un tel pôle artistique ? Alors bien évidemment, quand, après des démarches colossales, un bâtiment comme celui-ci subit un coup de fraîcheur tel que celui-ci, nul ne s’étonnera qu’il se doive d’être fêté en grande pompe.
C’est ainsi que la direction du Théâtre du Jorat a décidé, peu après sa rentrée et alors que le temps s’y prête encore, de célébrer dignement ce renouveau en convoquant, deux jours durant, spectateurs fidèles, habitants de la région et curieux venus d’ailleurs à (re) découvrir ce lieu unique, prévu initialement pour ne durer quelques temps, et qui recevait alors quelques regards désapprobateurs de certains habitants de ce coin encore champêtre. Pourtant, des années plus tard, rares sont encore ceux qui contestent l’importance de ce lieu unique en Suisse. Et comme les frères Morax et Gustave Doret à l’époque, Ariane Moret, Christian Ramuz et leurs équipes ont décidé de faire de cet événement un moment inscrit dans la vie du village et de la région.
Après une suite de visites guidées du théâtre dans l’après-midi, ce sera ainsi la Fanfare du Jorat qui lancera les hostilités dès 17h devant un verre de l’amitié. Une façon de rappeler l’ancrage local de ce lieu qui, rappelons-le, présentait dans ses primes années des productions 100 % du cru, permettant aux talents endémiques des Doret, Morax et autres Honegger d’exprimer tout leur savoir-faire artistique. Bien avant qu’elle ne rayonne bien au-delà des frontières de Mézières et de La Bressonnaz, la Grange Sublime était surtout le centre culturel du Jorat par les gens du Jorat pour les gens du Jorat. Ainsi, sans nier la prestance cantonale, nationale et même internationale qu’il a depuis pris, le Théâtre du Jorat semble ne pas vouloir oublier sa situation géographique tout à fait exceptionnelle pour un lieu de cette envergure.
Dans le même ordre d’idée, d’autres acteurs locaux défileront ainsi aux côtés d’Elisabeth Baume-Schneider et de Nuria Gorrite. Les Paysannes vaudoises assureront ainsi le brunch du dimanche matin, tandis que les écoles de l’établissement du Jorat proposeront un récital de chant. En sus, Annick Caretti, connue pour avoir illustré les recueils de chanson Sautecroche proposera un atelier créatif, avant que les dramaturges Rita Freda et Joël Aguet nous fassent revisiter l’histoire de ce lieu séculaire bien qu’il se voulût provisoire.
Mais quelle tristesse serait un théâtre comme celui-ci sans spectacle ? Et à ce rayon-là, la direction de la Grange Sublime nous montre que malgré cet ancrage tout méziérois, elle a su au fil des années proposer à ses riverains des productions de stature internationale. Ce seront ainsi non pas une mais bien deux compagnies qui se produiront durant ce week-end festif. Et c’est en France qu’Ariane Moret et son équipe ont été faire leurs emplettes.
En tête d’affiche, le 6 et le 7, on retrouvera ainsi la troupe rosnéenne du Galactik Ensemble avec Optraken, spectacle circassien délirant dans lequel cinq acrobates proposent une vision presque philosophique de leur art en déclinant l’art de la chute sous tous ses angles et toutes ses perspectives. Une vraie performance physique et burlesque, dans la parfaite continuité du Mécano de la Générale proposé dans ce même lieu quelques semaines plus tôt, et dont la simplicité du comique, et ce n’est pas lui faire injure que d’utiliser ce terme, saura ravir toutes les générations.
Quant à la deuxième production, elle se jouera en plein air. Les arts de rue seront ainsi également présents à travers cette Cuisinière de la compagnie grenobloise Tout en Vrac. On y verra le combat effréné d’une ménagère stéréotypique des années 50 contre ses outils de cuisine. Tout aussi clownesque que le précédent cité, défini par ses créateurs comme un véritable carnage culinaire aura aussi tout du divertissement populaire.
Le théâtre est une fête et la Grange Sublime tient à le démontrer une fois de plus. Et c’est dans cet esprit d’alliance d’un rayonnement international avec un ancrage local qu’elle se lancera dans ces nouvelles aventures qui raviront pour les dizaines d’années à venir gens du Jorat et curieux venus d’ailleurs.