Mézières … Au temps du coronavirus

Depuis huit semaines, le temps s’est arrêté

Martine Thonney | Le temps de courir à droite et à gauche, de se réjouir d’une représentation au Théâtre du Jorat ou au cinéma voisin, de discuter autour d’un verre ou d’un café dans un des restaurants du village, de partir ou rentrer de l’école en bandes joyeuses et parfois bien bruyantes et pour certains de pester contre cette même école !, de se rendre aux répétitions de musique, de s’entraîner dans les clubs de sport, de venir à la bibliothèque qui a d’ailleurs dû annuler son animation s’intitulant « Même pas peur », c’est un comble…  Cette liste, chacun peut la compléter à sa guise. On dirait qu’il y a déjà un siècle qu’on vit autrement. Il a fallu comprendre, s’adapter, accepter et tenir compte au mieux des recommandations. Notre disquette personnelle s’est programmée en mode « pause » pour une durée indéterminée. Tous les commerces du village dont les « petits » magasins d’alimentation locaux ont pris le taureau par les cornes et le virus au sérieux. Les dispositions exigées ont été mises en place. La météo clémente d’avril a permis aux clients disciplinés en file indienne sur les trottoirs de patienter en conversant gentiment avec des voisins, à deux mètres évidemment sans se mouiller ! Chacun à tour de rôle sort du magasin avec sa viande, son pain ou ses articles d’épicerie presque toujours avec le sourire ! Les patrons et leur personnel ont su créer une ambiance de confiance, de responsabilité et de serviabilité ; aucune ambiance anxiogène n’y règne et c’est vraiment appréciable. Les souvenirs de ces scènes resteront gravées dans les mémoires. Les commandes ont pu être livrées à temps chez des particuliers ou à disposition chez l’artisan. Les restaurants se sont adaptés et ont proposé des plats à l’emporter. « Mettre les commerces au milieu du village » n’est pas une simple expression mais bel et bien la réalité qu’on vit. Merci à eux !  Notre reconnaissance va aussi aux autorités et à tous les services qui ont continué à fonctionner et ont ainsi permis à la vie quotidienne de se poursuivre, presque comme avant… Il va falloir vivre avec des contraintes inhabituelles en tirant tous à la même corde et en restant à l’écoute de l’autre encore un sacré bout de temps… Exercice  d’équilibrisme dont on reparlera encore longtemps!