Maracon – Syndic depuis le passage à l’an 2020, Jean-Claude Serex cède sa place en vue de la prochaine législature

Voilà de nombreuses années que Jean-Claude Serex détient la clé du bâtiment communal de Maracon,
le passage de cette dernière à son successeur sera chargé d’émotion
Photo © Thomas Cramatte

Natif de Maracon

Thomas Cramatte | Qui n’a jamais entendu parler des Serex, ce nom de famille typique des environs de Maracon ? « Et pour cause, on a retrouvé des écrits mentionnant déjà la présence des Serex à l’époque moyenâgeuse, en 1536 pour être précis », informe l’actuel syndic, avec une certaine fierté. Un amour pour sa commune et pour la vie politique qui l’a conduit à servir les Maraconais pendant 37 ans. Ce véritable touche-à-tout a toujours été lié de près ou de loin à sa commune comptant quelque 550 âmes. Pourtant, la curiosité naturelle de cet ancien maître de sport et de travaux manuels l’a emmené découvrir d’autres horizons. Entre l’école normale de Lausanne, la caserne d’Isone au Tessin et ses années passées à exercer sa profession à Oron-la-Ville, la vie de Jean-Claude Serex fut bien remplie. Et si la retraite s’annonce comme une période de contemplation et de relaxation, ses passions pour la musique et la nature environnante auront de quoi occuper une bonne partie de son temps. 

L’ouverture sur le monde extérieur au village qui l’a vu grandir, Jean-Claude Serex la cultive dès l’enfance. « Au vu de sa situation géographique, Maracon offre une vue sur le reste du district, ce qui aiguise la curiosité et invite tout villageois à découvrir le reste du pays », explique le futur retraité avec une touche d’ironie. Si petit, il avait bien sûr visité la région, c’est en côtoyant les bancs de la prim’sup d’Oron-la-Ville qu’il se familiarise avec les villages des alentours. « Jusqu’en sixième primaire, les enfants de la région jonglaient entre Maracon et Ecoteaux ». Prenant rapidement goût au monde de l’enseignement et au partage de connaissances, le jeune homme décide alors de rejoindre l’école normale de Lausanne (actuellement Haute Ecole pédagogique) une fois sa scolarité obligatoire achevée. « En 1973, âgé de seize ans, je m’engage pour quatre années d’étude afin d’obtenir le brevet d’instituteur. » Une fois celui-ci en poche, le futur ancien syndic débute alors une autre école, obligatoire pour la gente masculine, et considérée encore à l’époque comme un passage à l’âge adulte. 

Carrière militaire

Sous les drapeaux, Jean-Claude Serex fut incorporé en tant que grenadier de montagne à Isone, au Tessin. Une école de recrue réputée comme la plus ardue du pays, tant sur le plan physique que mental. Mais grâce à sa bonne condition physique et au tempérament de compétiteur du jeune instituteur, ce passage dans la caserne tessinoise lui donne goût à la vie militaire. Car une fois l’école de recrue achevée, il se porte volontaire pour l’école de sous-officier et l’école d’officier. « J’ai pris du grade comme on dit, avec plus de 1300 jours j’ai terminé mon service avec la fonction d’officier sport à la division montagne 10, au grade de major. » Si l’armée lui a permis de visiter une bonne partie du pays, c’est à présent au centre de recrutement de Payerne qu’il exerce la fonction de juge sportif.

En parallèle de l’uniforme, Jean-Claude Serex a toujours gardé un seul objectif : enseigner le sport aux jeunes. « Juste après mon école de recrue, j’ai pu me familiariser avec le métier de maître de sport dans plusieurs écoles lausannoises », se remémore le syndic. Mais pour concrétiser son rêve professionnel, Jean-Claude Serex continue ses études à l’Université de Lausanne (Unisport) afin d’obtenir le diplôme fédéral de maître de sport. Il deviendra par la suite le tout premier maître de sport de l’établissement scolaire d’Oron, et complétera sa formation avec un brevet de maître de travaux manuels. En 1984, alors âgé de 26 ans et deux brevets à son actif, sa curiosité l’amène à rejoindre la Municipalité de Maracon. « Je me suis toujours intéressé à la vie politique, à tel point que je suis entré au Conseil général dès ma majorité. » Municipal en charge des routes et des écoles, Jean-Claude Serex se retrouve ainsi catapulté en cours de législature. « Suite à la démission du conseiller municipal en cours de législature, il fallait bien que quelqu’un reprenne le flambeau. » 

37 ans au poste de syndic 

Pour Jean-Claude Serex, la place de syndic s’est présentée comme une opportunité à ne pas louper. S’il n’avait pas forcément l’ambition de briguer cette place hiérarchique, il a accepté le défi pour la collectivité des habitants de Maracon. « Syndic depuis le début du millénaire, j’ai eu beaucoup de plaisir à exercer cette fonction, avec de nombreux projets conduits avec succès, et un engagement actif au sein d’organisations intercommunale. La remise des clés de la commune sera un pincement au cœur », avoue-t-il. Mais, grâce à sa vie artistique, l’actuel syndic arrivera peut-être à combler le vide exercé par sa retraite politique. Car c’est ça aussi Jean-Claude Serex, une passion pour la musique qui l’habite depuis ses 20 ans, en parallèle de ses nombreuses autres activités. Un violon d’Ingres qu’il exerce au clavier et à la guitare avec son groupe de rock, tout en faisant entendre sa voix au sein de plusieurs chœurs de la région.