Manifestation Jorat-Mézières
Dix ans que la blague Into the Corn est devenue sérieuse
L’unique festival du pays qui se tient au milieu d’un champ de maïs fête ses dix ans. Nouveau terrain, nouveaux décors et programmation entièrement suisse ont marqué cette édition anniversaire.

Voilà dix ans que Nicolas Gilliéron et Tanguy Ecoffey ont imaginé, depuis leur colocation de Mézières, organiser un festival dans un champ de maïs. Difficile alors de savoir jusqu’où cette idée les mènerait. Une décennie plus tard, l’association Delta Jorat Beta est toujours là et Into the Corn a retrouvé, du 6 au 8 août, ce qui constitue sa marque de fabrique : trois jours de culture musicale et de fête au milieu des épis.
Si l’association souffle ses dix bougies, il s’agissait en réalité de la huitième édition organisée dans le maïs. La première mouture du festival avait pris place sur le terrain de football de Mézières, avant une escapade aux pyramides de Vidy, à Lausanne. Depuis, le festival est revenu sur ses terres et n’a plus quitté le Jorat.
Un festival à reconstruire chaque année
Into the Corn présente une particularité qui oblige ses organisateurs à repartir presque d’une feuille blanche chaque été. En raison de la rotation des cultures, l’emplacement et la configuration du festival changent d’une édition à l’autre. Scène, stands, camping, terrasse, Chill Zone, latrines ou entrée : tout doit s’adapter au terrain. « Cette année, la manifestation a accueilli près de 5500 festivaliers », annonce Nicolas Gilliéron au lendemain de la fermeture.
Même le maïs a souffert des conditions de cet été. La sécheresse et les vagues de canicule ont freiné sa croissance. Les plants sont moins hauts que lors des précédentes éditions, sans pour autant faire disparaître cette sensation particulière de découvrir une scène, des lumières et tout un village éphémère derrière un rideau d’épis.
Ambiance maritime
Pour marquer cette décennie, l’association a voulu mettre en avant celles et ceux qui font vivre le festival. Un phare de 14 mètres, construit par des bénévoles domine ainsi le site. En face, c’est un véritable voilier conçu pour naviguer en mer qui a été transformé en bar pour l’occasion. Deux nouveaux éléments qui ne disparaîtront pas après cette édition anniversaire : « Le phare comme le bateau poursuivront l’aventure Into the Corn lors des prochaines éditions », détaille Nicolas Gilliéron.
Cette dimension collective est devenue centrale. Partie d’une poignée d’amis, l’association compte désormais une soixantaine de membres et fonctionne, depuis sa cinquième édition, en cercles de responsabilités plutôt que selon une hiérarchie verticale classique.
La scène suisse à l’honneur
Côté musique, la programmation était 100 % helvétique sur la scène principale. Le festival poursuit ainsi son choix de mettre en avant les musiciens suisses, sans s’enfermer dans un genre particulier. Rock, pop, hip-hop, électro ou encore chanson se sont succédé au milieu des épis. Une fanfare a également fait son retour entre les concerts, après quelques années d’absence. Avec trois sets le samedi, elle a circulé et joué à différents endroits du site.
Derrière les concerts et les lumières, Into the Corn conserve finalement le même principe qu’à ses débuts : construire de toutes pièces un lieu de fête qui n’a vocation qu’à disparaître. Une fois les installations démontées, le champ retrouvera sa fonction première. Ne restera alors que cette idée, lancée comme une blague il y a dix ans et qui, chaque été, continue de pousser au milieu du maïs.






@DAL-photos / David Wägli



