Lutry – Elections complémentaires du 24 novembre

Tous aux urnes pour élire le nouveau municipal

Thomas Cramatte | Afin de sortir des sentiers battus, nous avons décidé de pousser encore davantage la présentation des candidats. Pour la municipalité de Lutry, vous retrouverez également les interviews au complet, sous forme de podcast, sur notre chaîne YouTube et sur notre page Facebook. 20 minutes, chrono en main, pour vous faire votre propre opinion sur les deux prétendants à cette élection complémentaire. Vous apprendrez tout sur eux, leur programme politique, leurs ambitions et leur vision du futur autour de la ville de Lutry.

Etienne Blanc, liste 1, PLR

Venant d’une famille de vignerons, Etienne a pour ainsi dire toujours vécu à Lutry. Excepté pour ses études à Lausanne et aux Etats-Unis, ce papa de 49 ans est un Lutryen pur souche. Travaillant au sein de Pro Infirmis, il résout les problèmes de logement liés aux personnes en situation de handicap. Faisant partie du comité du FC Lutry, Etienne entraîne également une équipe de junior E. Très investi dans les sociétés sportives, on le retrouve dans le club nautique et le tennis club de Lutry. Habitant du Bourg, Etienne Blanc croise les Lutryens au quotidien. Pour lui, il est primordial d’être à l’écoute des citoyens en prenant en compte les réclamations de chacun. Etienne veut apporter et développer une nouvelle dynamique pour la commune.

Le Courrier: Pourquoi vous présentez-vous à ce poste de municipal? Etienne Blanc: Je veux offrir mes compétences et ma motivation au service de la commune et de la population. Il y a trois ans, j’ai eu l’opportunité de me représenter au Conseil communal après avoir été conseiller communal entre 1999 et 2001.  J’ai par la suite repris la présidence de la commission des finances. Je me suis rapidement pris au jeu. A la suite de la démission de notre syndic, je me suis mis à la disposition de mon parti. Et je me sens prêt pour cette fonction. 

Lutry est connu pour sa croissance démographique exponentielle, comment voyez-vous son avenir? Je pense qu’il faut s’interroger sur une telle croissance. Pour moi, il faut absolument se poser la question si le trafic routier et nos infrastructures tiendront encore longtemps avec ce développement. Je pense qu’il serait bien de mieux maîtriser cette croissance afin d’offrir une qualité de vie plutôt que de croître à tout prix.

L’augmentation du trafic routier est un gros challenge. Qu’elles sont, selon vous, les solutions pour résoudre ce problème? Pour moi, il est primordial de développer des transports publics performants, afin d’offrir de vraies alternatives à la voiture, mais sans stigmatiser les automobilistes. Nous devons également recommencer le combat avec le canton et la Confédération afin de résoudre les problèmes de trafic à la route de La Conversion. Aujourd’hui, cette route ressemble plus à une bretelle d’autoroute qu’à une route villageoise. 

Aujourd’hui, on entend régulièrement parler de transition énergétique. Que proposez-vous dans ce domaine? J’ai de nombreuses idées. Notamment le développement de l’énergie solaire dans la commune. Quand on voit tous les toits plats à Lutry, nous pourrions imaginer y installer des panneaux photovoltaïques. La surface disponible représente plus de cinq terrains de foot! Ces toits appartiennent à des personnes privées, il faudrait faciliter ce genre de projet grâce à des partenariats publics-privés.

Que pensez-vous pouvoir amener pour les jeunes de Lutry? Là aussi, j’ai de nombreuses idées. Je vois notamment de plus en plus de jeunes Lutryens qui sont des fans de skate, de trottinette et de tout ce qui roule. La rampe actuelle est un peu vieillotte et je trouve qu’aujourd’hui on doit leur mettre à disposition un vrai skate park, avec un bowl et un pumptrack.

Comment voyez-vous la péréquation sociale entre le canton et la commune? La solidarité entre les communes est un principe important. Mais la péréquation va trop loin aujourd’hui, et est quasiment confiscatoire pour notre commune. A Lutry, c’est plus de la moitié du budget qui est consacrée à la péréquation. Je suis pour la solidarité, mais avec une certaine maîtrise et du bon sens.

Jean-François Chapuisat,  liste 2, Verts-libéraux

Enfant de Lutry, Jean-François est reconnaissant d’avoir grandi dans cette commune. Entre sa scolarité et sa vie chez les scouts, il découvre le théâtre à la revue du FC Lutry. Ingénieur EPFL en génie rural et environnemental, Jean-François Chapuisat est formateur d’adulte depuis une vingtaine d’années. Il a travaillé cinq ans pour le Montreux Jazz festival aux côtés de Claude Nobs et dirigé pendant cinq ans le festival de la Cité à Lausanne. Actif et engagé, il est le seul conseiller à représenter Lutry au Grand Conseil vaudois. 

Le Courrier:  Pourquoi vous présentez-vous à ce poste de municipal ? Jean-François Chapuisat: Mon intention est d’amener une action plus dynamique dans cette commune, notamment par une plus grande participation de ses habitants, en proposant une réelle écoute des citoyens afin de construire ensemble. Je sais que l’on est beaucoup plus riche dans la confrontation d’idées à plusieurs que seul et je ne veux pas dialoguer uniquement en période d’élections! C’est ce que l’on appelle l’intelligence collective. Je propose de consulter la population lors de séances, de soirées d’information ou simplement d’aller à la rencontre des Lutryennes et Lutryens.

Lutry est connu pour sa croissance démographique exponentielle, comment voyez-vous son avenir? La ville de Lutry est face à de grands défis. N’oublions pas que Lutry c’est d’un côté Lausanne, avec sa densification élevée, et de l’autre le Lavaux, avec une densification restreinte. Je pense que la problématique des transports va trouver un certain nombre de réponses avec le bus à haut niveau de service, avec les trains RER et la cadence au quart d’heure. Pour moi, tous ces projets sont des premiers pas, il va falloir continuer dans cette direction-là. 

L’augmentation du trafic routier est un gros challenge. Qu’elles sont, selon vous, les solutions pour résoudre ce problème? On parle souvent du BHNS (bus à haut niveau de service), mais il faut comprendre que c’est toute la route cantonale qui sera améliorée. Avec le développement des transports en commun et de la mobilité douce, c’est un projet pour lequel je me battrai et que je soutiendrai, élu ou non. Lutry a grandement besoin de cette amélioration au niveau des infrastructures.

Aujourd’hui, on entend régulièrement parler de transition énergétique. Que proposez-vous dans ce domaine? Même si cela peut faire peur à beaucoup de monde, la transition énergétique est une opportunité pour l’économie de notre commune. C’est une chance qui nous permettra de réfléchir et de revisiter notre façon de vivre ensemble, de changer des comportements et de créer de nouveaux emplois. Cela ne peut amener que du positif. Je pense que nous devons davantage soutenir notre municipal Charles Monod qui se bat entre autres pour une meilleure efficience énergétique.

Que pensez-vous pouvoir amener pour les jeunes de Lutry? Des espaces pour eux! Aujourd’hui, il y a une réelle problématique à la plage de Lutry, par exemple. En grande partie dédiées au parking, on pourrait imaginer un réaménagement des rives du lac afin d’intégrer des éléments pour les jeunes.

Comment voyez-vous la péréquation sociale entre le canton et la commune? En tant que député, je trouve qu’il faut rééquilibrer la péréquation verticale afin de redonner des moyens aux communes qui souffrent.