Les impressions du petit Nicolas

Au dentiste

Propos recueillis par Rosane Schlup. |. Aujourd’hui, à l’école, on va au dentiste. La maîtresse a dit qu’on dit pas comme ça en français. On doit dire chez le dentiste. Ça change rien  du tout,  parce que de toute façon, on est tous obligé d’y aller au dentiste. Coralie a encore pleuré,  mais sur ce coup-là, Nathan voulait pas du tout faire une deuxième fois à sa place. Coralie, elle a pleuré pour rien, parce qu’au final, elle avait pas besoin de passer. Elle avait une lettre joker de son dentiste pour l’autre dentiste  dans son sac et du coup, Coralie, elle pouvait sauter son tour. On est venu à l’école avec notre brosse à dents et du dentifrice et aussi avec un jeu. Quand on  est entré en classe, on a oublié le rituel qui est de sortir l’agenda en premier, mais on  a plutôt sorti notre brosse à dents pour la montrer aux copains. Mon copain Marco, il en a une rouge comme moi, mais en mieux. La sienne, elle est en forme de voiture Ferrari et elle vient de Maranello en Italie. Marco a dit qu’avec, il se brosse les dents à toute vitesse. Avec Nathan, on se réjouissait de faire la course avec lui  et avec le sablier des trois minutes de la maîtresse. On était les trois derniers à aller se brosser les dents au lavabo des toilettes de l’école. C’est rigolo un sablier. Comme on voulait tous le tourner, on a décidé de le tourner chacun son tour. Du coup, la maîtresse, comme elle nous voyait plus revenir du lavabo des toilettes de l’école, elle  est venue reprendre son sablier. Elle a dit que ça l’étonnait pas trop de notre trio de choc et que c’est elle qui  allait gérer le temps finalement. Et comme ça, on a jamais pu savoir si la brosse à dents de Marco fonçait vraiment. On  a aussi  fait des échanges de dentifrice et on a comparé les goûts. Il y a toujours un tube qui est bouché et quand on appuie, ça envoie du dentifrice sur le miroir ou sur le lavabo ou un tube qui est pas bouché et qui coule trop loin de la brosse à dents. On a  aussi organisé le concours des plus grosses joues de hamster du monde et c’est mon copain Nathan qui a gagné. On a bien rigolé. Après, quand la maîtresse a vu l’état du lavabo, elle a  dit qu’elle nous avait pas envoyé aux toilettes pour faire de l’art abstrait ou du «Land Art». Elle nous a demandé de  tout nettoyer. On a moins rigolé. Chez le dentiste, on a dû attendre  tranquillement  notre tour avec notre petit jeu. Mon copain Marco, il a trouvé une grenouille au coca dans sa poche, à côté de sa Ferrari miniature et il l’a mangée. Il a plus pensé au dentiste. Après, les filles  lui ont dit qu’il aurait une carie assurée à cause de ce bonbon, ça c’était clair. Marco, il est devenu tout pâle. Il avait monstre peur  de se faire gronder par le dentiste et surtout d’avoir  attrapé cette  satanée carie. Dans la salle d’attente, on  avait plus trop envie de  lire ou de jouer. On guettait plutôt  les copains qui revenaient et on voulait savoir s’ils avaient des caries. On s’inquiétait surtout pour Marco à cause de cette histoire de bonbon. A la fin, Nathan, moi et Marco, on avait rien. Pas de carie, pas de dents trop serrées, pas de dents trop écartées. Rien, rien du tout. Je suis monstre content parce que du coup Papa va me donner deux francs pour m’encourager. Je vais pouvoir aller me payer au kiosque, à «La Miguette» ou «chez Nénesse». Nicolas, 7 ans et demi