Le Panathlon, un club service dédié au sport

Pierre Zappelli, président mondial, en visite dans nos locaux

Thomas Cramatte | C’est dans la Venise de 1951 que la devise Unis par le sport vit le jour. Devenu international aujourd’hui, le Panathlon œuvre pour la promotion et la diffusion des valeurs de bases du sport. Nous avons rencontré Pierre Zappelli, président mondial de cette association à but non lucratif, afin de mieux cerner les objectifs de ce club service.

Pierre Zappelli s’est offert une troisième ascension du Cervin à l’occasion de son 70e anniversaire

Activité bénévole

« Le Panathlon, c’est une équipe autour du sport », commence le président international de l’association depuis 2016. Avant d’ajouter que : « La raison d’être du mouvement est d’avoir une élévation éthique du sport ». Œuvrant pour la diffusion de la culture et la déontologie sportive, le Panathlon défend les valeurs propres au sport. Fondés sur le volontariat de ses membres, les « Panathlon Clubs » travaillent pour la promotion du fair-play, le dénouement de toutes idées raciales, religieuses ou politiques dans le sport. L’organisation est ainsi connue comme un outil de formation visant à améliorer les liens entre individus. En Suisse et au Liechtenstein, on dénombre 32 clubs totalisant environ 1600 membres. On y retrouve des médecins du sport, des avocats du sport, des psychologues du sport, des juristes, des enseignants et plein de personnalités venant d’établissements sportifs. A l’image des clubs services tels que Rotary et autre Kiwanis, le Panathlon international doit son existence en grande partie aux cotisations et au volontariat de ses membres. « Ce sont des Rotariens qui ont créé le Panathlon », souligne Pierre Zappelli. C’est pour cette raison que les bases présentent beaucoup de similitudes avec les clubs services, comme travailler dans un but précis. « Nous ne pouvons pas changer la mentalité des adultes, mais nous pouvons essayer de changer celle des jeunes. C’est-à-dire d’apprendre ce qu’est le fair-play et le respect de l’autre dans son ensemble ». Pour y arriver, l’organisation mise sur plusieurs moyens afin de sensibiliser son public cible. Le Panathlon coordonne par exemple des concours via les arts graphiques et littéraires afin de permettre à la jeune génération de s’exprimer sur ces problématiques. Une autre mission de l’association internationale est la promotion de sports inconnus du grand public : « Nous ne travaillons pas uniquement en faveur des sports d’équipe, mais bel et bien pour toutes les pratiques. La preuve avec le Hornuss », déclare Pierre Zappelli (voir encadré).

Pierre Zappelli et Pierre Scheidegger au premier plan, les deux sont membres actifs au sein du Panathlon, accueillis par une partie des collaborateurs du Courrier

Reconnaissance du CIO

Le Panathlon est souvent considéré comme une entité appartenant au CIO (Comité international olympique). Hormis la reconnaissance de ce dernier, les deux organisations ne possèdent pas de lien direct. « Nous sommes reconnus par le CIO car nous tentons de réaliser un des objectifs du mouvement olympique. Nous travaillons pour la promotion des valeurs idéales et éducatives du sport ». Le Panathlon étant membre de la famille olympique, il bénéficie ainsi de certains avantages. En particulier, la présence lors des Jeux olympiques, la visite des sites appartenant au CIO ou encore des aides financière et administrative. Deux filiales non italiennes sont afférées à traiter les relations entre la commission et le gouvernement européens. « Nous avons des liens avec le Conseil de l’Europe pour un programme sport ». 32 états membres sur les 47 que compte le Conseil de l’Europe ont fondé un groupe afin d’élaborer une charte européenne du sport. Le Panathlon s’affaire à la révision des conventions créées il y a une vingtaine d’années : « Nous travaillons à la mise à jour de la partie éthique de cette charte. Car les problèmes d’aujourd’hui ne sont plus les mêmes qu’autrefois. L’importance de l’argent, la corruption dans le sport, les matchs truqués, les droits de l’homme non respectés, toutes ces questions doivent dorénavant être insérés dans la charte européenne du sport. »

Qui est Pierre Zappelli ?

Né le 25 janvier 1943, marié et père de trois enfants. Enfant de Lausanne, né d’un père architecte, il débute sa carrière professionnelle dans le monde du droit. Pierre Zappelli avait d’abord pensé rejoindre le monde scientifique : « Mais les connaissances en mathématiques m’ont rebuté », avoue-t-il avec le sourire. Son amour pour les langues et les différentes cultures l’ont amené à se questionner sur le travail de diplomate. Alors en fin d’études pour l’acquisition du brevet d’avocat, Pierre Zappelli évoluera dans le monde du droit. « Tout de suite après mes études, j’ai été happé par le milieu de la magistrature ». Il accède au ministère public de Fribourg avant d’être élu juge de première instance et juge au tribunal cantonal. Il achève son parcours dans le monde du droit en 2009 après avoir œuvré au Tribunal fédéral de Lausanne. Mais depuis sa retraite, il a toujours gardé une activité. A 78 ans, Pierre Zappelli préside la commission des licences de l’Union cycliste internationale (UCI), un mandat consistant à octroyer les licences aux équipes professionnelles. Suivant les traces de son père qui remporta trois médailles olympiques et de nombreux titres de champion de Suisse, il a pratiqué l’escrime. Malgré un niveau régional honorable, la progression à l’épée de Pierre Zappelli se heurte aux études et à la vie familiale. « J’ai toujours pratiqué beaucoup de sports. Aujourd’hui encore, je fais de l’alpinisme et du tennis ». Pour sa septantième année, le lausannois s’est en effet offert une troisième ascension du Cervin. « Mais n’oublions pas le tennis de table, c’est par ce sport que j’ai rejoint le Panathlon ».

Les compétitions de Hornuss attirent de nombreux
spectateurs outre-Sarine

Le Hornuss, cette pratique typiquement helvétique consiste à frapper un palet à l’aide d’une longue tige pour l’envoyer hors de portée de l’équipe adverse. Pouvant atteindre des vitesses avoisinant les 300 km/h, le palet bourdonne tel un frelon (Hornuss) dans les airs. L’équipe adverse doit intercepter le Hornuss avec des carrés de bois fixés au bout d’un manche. Les palettes peuvent également être lancées dans les airs. Le Panathlon représente ainsi toutes les catégories de sport, du plus populaire au moins connu, le Hornuss étant pratiqué en grande partie dans le canton de Berne.

Projets en cours

Un programme d’enseignement du fair-play vient d’être mis sur pied dans les écoles obligatoires. Pour l’heure, cette action est encore au stade expérimental, mais quelques écoles italiennes (Toscane) devraient prochainement en bénéficier grâce à des membres du Panathlon se rendant en classe. Si ce concept porte ses fruits, il devrait être élargi au territoire européen. Un autre programme consiste
à primer des clubs favorisant le sport handicap.