Le défi

Les discussions ont été jusqu’à présent aussi improductives qu’une réunion entre une poule et un poisson rouge.
L’humanité peine à se mobiliser, sinon qu’en paroles, et voici que la température grimpe, que les banquises fondent: il y a un problème urgent à régler. Une consommation effrénée semble bien être la racine du mal dans un mode de vie où tout se jette, quasi rien ne se répare, surtout rien ne dure; nous participons chaque jour à un gigantesque gaspillage. Pouvons-nous nous permettre le luxe de continuer dans cette ère de surproduction et de surconsommation? Tant que les Etats-Unis et la Chine – principaux émetteurs de CO2 – n’assument pas leurs responsabilités respectives il est à craindre que l’être humain ne doive subir d’autres catastrophes plus importantes pour que raison enfin se fasse entendre. Faudrait-il aussi que les élites politiques et adversaires commerciaux qui trouvent intérêt à ralentir un changement radical et qui n’écoutent que d’une oreille les avertissements des scientifiques prennent conscience qu’ils augmentent en plus le risque d’un chaos social avec au bout du compte seulement des perdants.
Nous avons déjà beaucoup de retard. Il ne faut pas sous-estimer la tâche, qui comme toute chose demande du temps. Comme le disait si bien La Fontaine: «Rien ne sert de courir; il faut partir à point.» Une hausse de 2°C sur plusieurs siècles n’aurait finalement que peu d’influence, les espèces ayant le temps de s’adapter; mais si le réchauffement climatique est trop rapide nous risquons de vivre un désastre écologique. Les plus optimistes diront que l’homme a toujours su s’adapter. Sans doute, mais à quel prix?