L’athlétisme, un sport qui n’attire plus la jeunesse

Antonio Costa | La nouvelle édition des Family Games aura lieu à Vidy le 7 juin prochain. Cette année le Panathlon Lausanne offre un parcours avec 20 sports à la clef. Votre hebdomadaire va vous conter ces sports jusqu’au jour J.

Le Panathlon Lausanne fait partie du Panathlon international. Reconnue par le Comité International Olympique, cette institution créée en 1951 à Venise est présente dans 33 pays. Les membres du Panathlon ont pour point commun le respect pour le sport. Ils se recrutent parmi les personnalités qui sont ou ont été en relation avec le sport, que ce soit à travers leur parcours professionnel, leur carrière sportive ou leur engagement associatif. Ils incarnent l’esprit du sport. Ses sportifs d’élite et ses dirigeants sont engagés bénévolement pour les jeunes et la promotion des valeurs essentielles du sport comme notamment le fair-play, la lutte contre le dopage et la violence dans le monde du sport. Une collaboration qui permet aussi de s’assurer que chacun puisse bénéficier d’une éducation sportive saine et juste.
Grâce aux Family Games, le Panathlon permet chaque année à des jeunes et des familles de se familiariser avec des sports, d’apprendre et de comprendre les implications du sport au sein de la famille et pour tous ses membres.

Sans les JO, l’athlétisme serait mort
L’athlétisme est un sport qui regroupe un ensemble de disciplines: courses, sauts, lancers,
épreuves combinées et marche. L’origine du mot athlétisme vient du grec athlos, qui signifie combat. Il s’agit de l’art de dépasser la performance de ses adversaires en vitesse ou en endurance, en distance ou en hauteur. Le nombre d’épreuves, individuelles ou par équipes, a varié avec le temps et les mentalités. L’athlétisme est l’un des rares sports universellement pratiqués, que ce soit dans le monde amateur ou au cours de nombreuses compétitions de tous niveaux. La simplicité et le peu de moyens nécessaires à sa pratique expliquent en partie ce succès. Les premières traces de concours d’athlétisme remontent aux civilisations antiques. La discipline s’est développée au cours des siècles, des premières épreuves à sa codification. L’athlétisme était bien entendu présent dès la première édition des Jeux olympiques d’Athènes, qui se sont déroulés en 1896.
Mais ce sport très complet, où l’on chasse les records, n’attire plus vraiment la jeunesse et a du mal à déplacer des foules. Claude Contini, ancien athlète et président du Stade-Lausanne, est revenu sur sa carrière d’athlète. Après avoir été champion romand de barres parallèles, Claude Contini a participé à son premier championnat d’athlétisme en 1960. Mordu de sport, il s’entraînait pendant des heures dans les dix branches de l’athlétisme pour les épreuves de décathlon. «Pour un décathlon, je devais m’entraîner vingt heures par semaine. Le matériel de l’époque était rigide par rapport à ce qu’il se fait aujourd’hui, notamment la perche…», nous confie Claude avec le sourire. Un sport qu’il affectionne et où ses fils ont aussi brillé quand ils étaient jeunes, avec une médaille au Championnat suisse espoir, et lors des championnats du monde dans l’équipe suisse junior.
Mais les sacrifices de l’athlétisme, le manque de sponsors et les études n’étant pas compatibles, il a préféré, comme la plupart des personnes qui pratiquent la discipline, s’orienter vers une carrière professionnelle plutôt que sportive.
C’est le cas de la majorité des jeunes qui pratiquent encore aujourd’hui l’athlétisme. Du fait qu’il soit moins attrayant, que les écoles l’appliquent de moins en moins dans leur programme, l’athlétisme perd sensiblement du terrain. «C’est dommage car c’est un sport qui ouvre des portes à d’autres sports comme le football par exemple. L’athlétisme offre de très bonnes bases sportives et dès le plus jeune âge», nous dit Claude. En Suisse romande, nous comptons environ 400 licenciés dans la discipline tout âge confondu. Avec son manque de notoriété, l’athlétisme doit impérativement se réinventer pour se trouver un nouveau souffle et attirer de nouveau la jeunesse ainsi que la garder. Peut-être que les fédérations devraient envisager de promouvoir un peu l’athlétisme au lieu d’Usain Bolt…