Poule

Georges Pop  |  Alors qu’une vingtaine de pays sont désormais concernés par le scandale des œufs contaminés, l’occasion nous est offerte de nous pencher sur l’origine du mot poule qui désigne familièrement une brave volaille de l’espèce gallus gallus domesticus élevée depuis des lustres pour sa chair savoureuse et ses œufs sans lesquels l’omelette, la sauce béarnaise et nombre de variétés de pâtes et de pâtisseries n’auraient probablement jamais existé. Jusqu’au Moyen-Âge, une poule d’élevage était une geline du latin gallina; d’où le mot gallinacé. Mais petit à petit poule a pris le dessus dans le langage populaire. Le mot est attesté pour la première fois au XIIIe siècle dans un manuscrit du Roman de Renart mentionné il y a quelques semaines dans cette chronique. Le mot est issu vraisemblablement du latin pullus qui désignait le petit d’un animal puis, par extension, un petit animal. Une racine d’où dérivent aussi poulain et pulluler. Outre la volaille d’élevage, le mot poule s’applique aussi à des espèces sauvages : la poule d’eau, la poule de bruyère, la poule sultane, etc. Les poules domestiques de nos basse-cours sont toutes issues d’une espèce jadis sauvage originaire d’Asie du sud-est: le coq bankiva appelé aussi coq doré. Des incubateurs existaient déjà dans l’Egypte antique. Les Grecs commencèrent eux à élever des poules dès le VIIe siècle avant J.-C. Et ce sont sans doute les Romains qui introduisirent les premières poules en Gaule et dans ce qui était jadis l’Helvétie romaine. De nos jours, on estime à plus de 50 milliards le nombre de poulets domestiques dans le monde. Mais paradoxalement nombre de races originales sont menacées de disparition à cause du lucratif mais dénaturé élevage industriel. Moralité pour ceux qui ont la chance de posséder un coin de jardin: adoptez quelques cocottes. Elles vous feront loyalement l’offrande de précieux œufs authentiquement bios.