La petite histoire des mots
Electricité

C’est promis ! L’électricité coûtera moins cher l’année prochaine, pour la troisième année consécutive. La Commission fédérale de l’électricité (ElCom) a annoncé la semaine dernière que les prix vont baisser de 4 % par rapport à 2026. Du coup, un ménage moyen qui consomme 4500 kWh paiera 53 francs de moins sur douze mois. C’est toujours ça de pris !
Si le mot « électricité » et sa consommation nous sont familiers, la plupart d’entre-nous ont encore du mal à comprendre « comment ça marche » et comment un flux contrôlé d’électrons à travers un fil conducteur est à même d’allumer une ampoule ou faire tourner une machine à laver… Passons !
Le mot « électricité » est un dérivé du grec « êlektron » – devenu « electrum » en latin – qui désignait l’ambre jaune, une résine végétale fossilisée sécrétée par des conifères, il y a des dizaines de millions d’années. Les anciens, comme le philosophe Thalès de Milet, qui vécut au VIe siècle av. J.-C., avaient remarqué qu’en frottant l’ambre jaune avec, par exemple, de la laine, celui-ci acquérait la propriété « magique » d’attirer des corps légers comme la poussière ou la poudre de paille.
Au XVIe siècle, le savant et médecin anglais William Gilbert, découvrit que de nombreux matériaux, autres que l’ambre, pouvaient acquérir par frottement cette propriété d’attirer des corps légers. C’est lui qui inventa l’adjectif « electricus », à partir de la racine gréco-latine, pour désigner ces phénomènes d’attraction.
Quelques décennies plus tard, un autre scientifique anglais, Thomas Browne, s’en inspira pour créer le substantif « electricity » pour décrire la capacité qu’ont ces corps d’attirer d’autres objets. C’est ce mot anglais qui sera ensuite emprunté par la langue française, au XVIIIe siècle, pour devenir notre terme actuel « électricité ».
Le mot « électron » a, quant à lui, été imaginé en 1891 par le physicien irlandais George Johnstone Stoney pour désigner une charge électrique. La particule elle-même n’a cependant été découverte que six ans plus tard, par le physicien britannique Joseph John Thomson. Il l’avait d’abord appelée « corpuscule », avant que le nom « électron », imaginé par Stoney, ne soit définitivement adopté pour désigner cette particule subatomique dont le déplacement ordonné dans un conducteur solide nous pourvoit en énergie.
L’expression romantique « fée électricité » a été employée pour la première fois par l’écrivain Paul Morand, lors de l’Exposition universelle de 1900 à Paris. Mais elle s’est popularisée grâce à un tableau du peintre Raoul Dufy réalisé pour l’Exposition universelle de Paris de 1937. Quant à l’expression « Il y a de l’électricité dans l’air », elle apparaît dans la littérature de la fin du XIXe siècle, avant de se répandre dans le langage courant, pour décrire un climat nerveux, voire explosif, à l’image du calme lourd qui précède un violent orage.


