La chronique de Rousseau
Il était une fois, dans le paisible canton de Vaud, trois partis politiques qui décidèrent de s’unir pour former une belle Alliance vaudoise. Ensemble, les valeureux concurrents partirent à la conquête du château Sainte-Maire et réussirent leur pari. Au début, tout allait pour le mieux. Les expérimentés du PLR et la jeune représentante du Centre, Valérie Dittli, semblaient filer le parfait amour. Mais, comme dans beaucoup de mariages, vinrent les secrets, les non-dits et les désaccords. Au point de faire intervenir les juges. Valérie Dittli, elle, n’entendait toutefois pas abandonner le précieux siège qu’elle avait conquis. Alors, après le divorce, place à une nouvelle aventure : cette semaine est né le Mouvement libéral, nouveau véhicule politique de la conseillère d’Etat. Mais après le conte de fées, vient le chapitre nettement moins romantique. Il faudra désormais bâtir un programme, trouver une identité et surtout convaincre. Avec une cinquantaine de membres revendiqués, le Mouvement devra rapidement démontrer qu’il peut peser dans les débats. Et pendant ce temps, les adversaires aiguisent déjà leurs couteaux.
Le Centre, première victime ?
La première victime collatérale pourrait bien être… le Centre vaudois. Habitué aux divisions internes, Jacques Neirynck et Claude Béglé en savent quelque chose, le parti souhaite désormais s’allier aux Vert’libéraux et aux Vaud Libres. Mais la scission avec Valérie Dittli pourrait compliquer sérieusement la campagne de sa candidate au Conseil d’Etat. Le duo féminin formé par Isabelle Chappuis et Virginie Cavalli a de l’allure, mais manque encore de notoriété. Un boulevard potentiel pour la gauche ?
La gauche en embuscade
Le Parti socialiste lui, a déjà sorti l’artillerie lourde avec Roger Nordmann, Jessica Jaccoud et Samuel Bendahan. Trois personnalités expérimentées, très politiques et parfaitement rodées aux plateaux télévisés. De quoi rassurer l’électorat socialiste. Mais les Vert.es voient eux aussi plus grand. Après avoir annoncé vouloir présenter une candidate supplémentaire au Conseil d’Etat aux côtés de Vassilis Venizelos, le parti pourrait notamment miser sur sa présidente Rebecca Joly. Une hypothèse qui promet quelques discussions animées en interne.
Et si l’UDC tirait les marrons du feu ?
Dans ce grand chambardement, l’UDC pourrait finalement être le grand gagnant. Jean-François Thuillard, ancien syndic de Froideville, avait déjà frôlé l’élection lors de la complémentaire de l’an dernier. Avec une droite divisée et un Centre fragilisé, il pourrait cette fois transformer l’essai.
Après les alliances, les divorces et les nouveaux mariages, une chose est certaine : la campagne s’annonce mouvementée. L’élection cantonale n’a peut-être jamais autant ressemblé à une télénovela. Reste à savoir qui finira par monter sur le trône… et surtout qui apportera les pop-corn.



