Ferlens – Autour de Félix Linder, nouveau nonagénaire

Texte et photo Martine Thonney | A l’une des extrémités du village vaudois situé à un jet de pierre du canton de Fribourg se dresse l’habitation du jubilaire, Félix Linder. C’est là, le 21 août dernier, qu’une délégation de la municipalité de Jorat-Mézières s’est rendue afin de lui présenter ses vœux et lui offrir les cadeaux d’usage. Entouré de ses filles Ariane, Muriel et Daisy, le nonagénaire fut sensible aux mots prononcés, aux souvenirs évoqués. Atteint dans sa santé, il ne parvient pas toujours à prononcer les réponses attendues mais ses filles les lui soufflèrent. Le moment passé ensemble fut animé et chaleureux.
Il a été question de sa naissance le 6 août 1936, à Ferlens. Très pressé de venir au monde, il fut un grand prématuré puisqu’âgé seulement de 6 mois. Le Dr Charles Guisan, de Mézières, préconisait dans ces cas-là un carton à chaussures comme berceau, de la ouate comme literie, le bébé douillettement installé placé dans la cavette du fourneau à molasse, chauffé à température égale. Félix a ainsi bien grandi ! Ses parents étaient fermiers d’un domaine voisin de sa demeure actuelle. Le bail terminé, la famille est partie travailler à Montpreveyres, village dans lequel la scolarité de Félix et de sa soeur s’est déroulée. La prim’sup l’a accueilli à Mézières comme tous les élèves de la région.
Le père de Félix Linder était marchand de bétail et put acheter à Ferlens la ferme actuelle. Mais un dramatique accident survint privant de père et de mari le jeune Félix et sa famille. Il dut en fin de sa scolarité aider à la maison. Il poursuivit le travail de son père, tout en étant intéressé par le métier de boucher. Il l’apprit à Soleure avec son oncle.
Il se maria avec Marie-Louise Favez d’Oron le 30 avril 1960 à Montpreveyres. Il neigeait à gros flocons et le repas était organisé au lac des Joncs : la grimpée là-haut resta dans les mémoires !
Il eut l’occasion de travailler à Mézières à la Boucherie Ponthet (commerce ancêtre de l’actuel Migros Partenaire) et de là partit chez Bell à Malley/Lausanne.
Sa famille est reconnaissante d’avoir pu courir les bois à la recherche de champignons, longer les cours d’eau pour traquer des poissons avec ce papa fin connaisseur et marcheur invétéré. Jardiner était aussi une passion. Il a été municipal une législature et a servi dans l’armée comme fusilier de montagne.
Maintenant, il aime les rencontres avec ses cinq petits-enfants et ses huit arrière-petits-enfants. Ils le lui rendent bien.



