Jorat-Mézières – Sport et entreprise, deux mondes qui se ressemblent
Carrouge accueillait vendredi 29 mai le Tour du Pays de Vaud. En marge de la course, la commune de Jorat-Mézières a réuni une septantaine d’entrepreneurs et de partenaires locaux autour d’une table ronde. Au programme: les liens entre carrière sportive de haut niveau et gestion d’entreprise.

Trois invités aux parcours complémentaires ont animé les échanges. Romain Détraz, athlète de ski cross et membre de l’équipe nationale suisse, comptant deux participations aux Jeux olympiques. Daniel Atienza, ancien cycliste professionnel, aujourd’hui il est consultant RTS et responsable d’une équipe de 70 collaborateurs dans une société d’assurance. Daniel Ruch, conseiller national, syndic de Corcelles-le-Jorat et ancien gymnaste, qui a fondé une entreprise forestière à Jorat-Mézières avant de se tourner vers la politique.
Le premier à prendre la parole est Romain Détraz. L’habitant de Montpreveyres a d’emblée posé le ton : « Au début de ma carrière, je pensais qu’il suffisait de s’entraîner et de rentrer dans l’équipe nationale. Mais une fois qu’on y est, on se rend vite compte que ça ne se passe pas comme ça ». Gérer une saison de ski cross, c’est aussi planifier un budget, démarcher des sponsors, convaincre des entreprises d’investir, sans pouvoir garantir les retombées économiques. « On envoie parfois cent dossiers pour quelques réponses, souvent négatives. »
Le téléphone sonne quand le coureur attaque
Daniel Atienza a livré un témoignage marquant sur le financement du sport. « Sans les entreprises, le sport est mort ». Pour illustrer le retour sur investissement d’un sponsoring au plus haut niveau, il a évoqué son passage chez Cofidis, entreprise française spécialisée dans le microcrédit : « Quand un coureur Cofidis partait dans une échappée sur le Tour de France, les téléphones sonnaient immédiatement dans les bureaux de Lille. Les demandes de crédit montaient en flèche, c’était monitoré, calculé ». Un retour sur investissement quantifiable donc, à des années-lumière de la réalité d’un jeune athlète en développement.
La passion de la petite reine, Daniel Atienza l’a transmis à son fils. Coureur cycliste junior, il prenait justement le départ de cette deuxième étape du Tour du Pays de Vaud pour la première fois. Pour lui, une saison représente environ 20’000 francs. « S’il n’y a pas une structure familiale et des sponsors, on peut passer à côté de certains talents. »
Le sport comme école de vie
Daniel Ruch a abondé dans ce sens, lui qui a grandi dans un milieu où le sport rimait avec engagement collectif : « L’amitié, c’est ce que le sport m’a apporté. Et quand on arrive en politique, on retrouve parfois les mêmes personnes. C’est une sorte de grande famille ». Le conseiller national a également insisté sur le rôle des collectivités : « C’est important de soutenir les talents locaux, de donner du travail aux gens de la région et aux entreprises. C’est un tout. »
La question de l’embauche d’un athlète a également été évoquée, et elle concernait directement les entrepreneurs présents. Pour Daniel Atienza, un CV sportif est un atout concret : « Dans le sport, on apprend la discipline, l’autogestion. Personne ne vous dit de vous lever pour vous entraîner, mais vous le faites quand même. C’est exactement ce qu’on attend d’un collaborateur ». Un message qui a résonné dans la salle, avant que l’ancien cycliste professionnel résume en une phrase le fil rouge de cette table ronde : « Dans l’assurance, on est tout seul chez le client, mais s’il n’y a pas une équipe derrière, on n’est pas bon. C’est exactement comme dans le vélo . »



