Jorat-Mézières – Michel Caspary, futur ancien directeur de la Grange Sublime

Thomas Cramatte | Arrivé à la gestion du Théâtre du Jorat il y a douze ans, Michel Caspary a annoncé prendre sa retraite au 31 mars 2022. Si cette nouvelle en a surpris plus d’un, elle n’en est pas moins l’occasion de dresser le portrait de ce défenseur du monde culturel romand.

Michel Caspary a choisi de quitter son poste en même temps que son amie Florence Boldrini, l’administratrice du théâtre

Ancien journaliste, chef de la rubrique culturelle au quotidien 24Heures, homme de radio et de télévision, Michel Caspary se laisse aller au gré des courants. C’est par ailleurs de cette manière qu’il a obtenu le rôle qu’on lui connaît. Depuis son enfance, il se laisse aller selon ses envies et des beautés qu’offre la vie. Lui faisant confiance, il en a d’ailleurs immortalisé ses deux extrêmes : « Les deux papillons tatoués sur mes bras symbolisent les larmes de douleur et de joie. C’est moi en quelque sorte. Tandis que les trois oiseaux représentent mes trois grands enfants », plaisante, non sans une pointe de fierté, l’homme de 62 ans. Mais aujourd’hui, avec le recul, le directeur du Théâtre fait de bois se dit heureux. « Il m’arrive parfois de me dire que d’avoir œuvré dans la presse et dans la culture, c’est plutôt pas mal pour un mec qui a tout juste deux misérables diplômes de culture générale ».

Journaliste

En 1968, Michel Caspary se passionne pour les caissettes de journaux. Ou, plus précisément, pour les manchettes de ces dernières qui titrent l’ambiance de ce monde. « J’étais fasciné par les affichettes, à tel point que j’ai dû voler des milliers d’exemplaires du 24Heures et de la Tribune Le Matin. Ce qui fait que j’étais assez au courant de l’actualité de l’époque », rigole le directeur de la Grange Sublime. C’est ainsi qu’à l’âge de neuf ans, le jeune habitant du quartier de Chailly, à Lausanne, sait ce qu’il veut faire de sa vie. A la fin de sa scolarité obligatoire, Michel Caspary et ses camarades de classe participent à une conférence sur les médias. « J’envoie un travail de mémoire à une quinzaine de patrons de presse en Suisse et en France ». Si chacun d’eux répond au jeune de quatorze ans, sans toutefois montrer de réel intérêt, Marc Lamunière (directeur général chez Edipresse) désire le rencontrer. C’est ainsi que Michel Caspary se retrouve propulsé dans le monde de la presse. Avant la fin de son gymnase, sa signature accompagne régulièrement les articles culturels des pages du 24Heures. Il s’en suivra 35 ans de travail au sein de la rédaction du quotidien.

Théâtre du Jorat

En 2008, Michel Caspary traverse une période professionnelle compliquée : « C’était une annus horribilis. Pour la première fois, je me suis dit que je devais quitter ce métier pour protéger ma santé et ma famille ». Armé de ses nombreuses connaissances issues du monde culturel, il postule une première fois pour succéder au directeur du Théâtre de Beausobre à Morges. Malheureusement, ou heureusement pour le Théâtre du Jorat, Michel Caspary ne remplacera pas Jean-Marc Desponds. « J’ai eu une chance incroyable car, après coup, une connaissance m’a demandé si cela m’intéresserait de diriger la Grange Sublime ». Après quatre auditions avec les membres du Conseil de fondation de l’époque, Michel Caspary apprend qu’il sera le nouveau directeur du bâtiment culturel joratois. Doublant le nombre de représentations dès son arrivée à la tête du théâtre, proposant une programmation étoffée et plus éclectique avec des concerts, Michel Caspary souhaite imposer un label de qualité. Voilà aujourd’hui douze ans que cet amoureux des artisans culturels est directeur de l’un des plus beaux théâtres de Suisse. Au vu de sa passion pour ce lieu, il est fort à parier que Michel Caspary franchira pendant plusieurs années encore les portes du théâtre. 

Futur du Théâtre

Le Conseil de fondation va prochainement entamer une procédure de recrutement afin de succéder à Michel Caspary, ainsi qu’à Florence Boldroni, administratrice
du théâtre, qui part également à la retraite.