Il y a 100 ans

Un avion s’écrase à Mézières

Philippe Corset | Fritz Minder est employé de banque à Soleure, son père est fabriquant de peinture à Klus dans le canton de Soleure. A l’automne 1921, il paie ses galons de lieutenant d’infanterie à l’école de recrue de Liestal. Sous ses ordres, un ami d’écoles et de longues dates, le fusillé Eugène Bouché, né le 6 juin 1889. Eugène Bouché étudie à l’école polytechnique de Zurich. Il y a quelque temps il obtient avec brio son brevet de pilote.

En ce dimanche 18 septembre 1921, Jeûne fédéral, il décide d’aller trouver par les airs, ses parents qui habitent à Lausanne, Vers Site, Pré du Marché. Il emmène avec lui son ami Fritz Minder. L’avion est loué à un privé. C’est un Bacano Wild, biplan suisse, double commande, moteur Mercédés100 CV. Un avion sûr et qui a fait ses preuves. Sur son flanc écrit en blanc sur fond gris l’immatriculation CH 71. La météo n’est pas favorable. Les vents sont assez violents. Bouché hésite. Les bourrasques s’apaisent. Finalement l’avion décolle à 17h de l’aérodrome de Soleure. De nombreux passants assistent au décollage. L’avion glisse sur son aile. Ils ont l’impression qu’une lutte est engagée entre le pilote, l’avion et le vent. Ensuite l’avion est aperçu du côté de Fribourg a une altitude entre 200 et 800m. Il semble chercher son chemin. Il passe Mézières, sort d’un nuage. Le moteur a des ratés. Toussote. Il n’est plus qu’à 50 mètres. Après Montpreveyres, au nord du lac à patiner de Sainte-Catherine, à 20m des voies de chemin de fer Lausanne-Moudon, l’avion s’écrase. Un fracas énorme, un trou béant, 1m de profondeur, 2m de large. L’avion est réduit en miettes. On retrouvera Eugène Bouché, les mains crispée sur ce qui reste des commandes de l’appareil, le flanc ensanglanté, percé de part en part par une structure de bois. Mort sur le coup. Fritz Minder gît quelques mètres plus loin, éjecté, complètement désarticulé. Mort sur le coup. Des honneurs militaires seront rendus à la caserne de Lausanne le mardi 20, tandis qu’un service funèbre sera célébré le mercredi 22 à Soleure. Un an plus tard, le dimanche 22 septembre 1922, sera à Sainte-Catherine, un mémorial de cet accident. Il est toujours visible aujourd’hui.

Sources : Compilation d’articles de journaux régionaux entre les 19 et 22 septembre 1921.