IA et société – Qui décide, qui contrôle, qui bénéficie ?

Donato Stasi | Jeudi 26 février, au Centre sportif d’Oron, la conférence organisée par le Parti socialiste d’Oron-Savigny, consacrée à l’intelligence artificielle, a réuni un public attentif autour d’une question centrale : subissons-nous l’IA ou la gouvernons-nous ? Invité de la soirée, Samuel Bendahan, conseiller national et président d’OSEO Suisse, a rappelé que l’IA influence déjà l’administration, le travail, l’agriculture et même nos processus démocratiques.
Premier enjeu : qui décide ?
Les grandes entreprises technologiques, souvent étrangères, occupent aujourd’hui une place dominante. La Suisse, sans géants numériques mais forte d’innovation, doit définir un cadre clair. Le rôle du Parlement est essentiel pour concilier compétitivité, protection des données et justice sociale.
Deuxième question : qui contrôle ?
Transparence des algorithmes, risques de biais, automatisation des décisions publiques : les défis sont réels. Dans ce contexte, les relations avec l’Union européenne apparaissent comme un levier stratégique. Coopérer sur des standards communs permet de défendre, selon les propos de Samuel Bendahan, une vision démocratique de la technologie et de contrer toute dérive néo-fasciste ou oligarchique de l’information et du pouvoir, où quelques acteurs concentreraient données et influence.
Enfin : qui bénéficie ?
L’IA promet efficacité et durabilité, notamment en agriculture avec des outils d’optimisation des ressources. Mais comment éviter une concentration des profits et garantir un accès équitable aux innovations ?
Au-delà des aspects techniques, l’intervenant a insisté sur l’essentiel : la technologie ne remplacera jamais la qualité des relations humaines. Rester acteurs du débat public est indispensable. Et ne pas oublier que le bonheur se construit d’abord dans des relations interpersonnelles solides, bien au-delà des algorithmes.


