Humour – Cully, ouvre le Crachoir
Les 22 et 23 octobre, la cave du Domaine Potterat accueillera la première édition du Crachoir. Un mini-festival de stand-up qui réunira dix humoristes vaudois pour quatre représentations.

Les idées de festivals semblent parfois naître plus facilement qu’ailleurs. Celle-ci n’est pas sortie d’une longue séance de brainstorming, mais de discussions au marché hebdomadaire du dimanche. A force de se croiser, Blaise Bersinger, Donatienne Amann et Jean-Yves Cavin ont commencé à évoquer l’idée de créer un rendez-vous dédié à l’humour. Quelques mois plus tard, le projet prend forme : « Le vrai déclencheur de toute action, ça reste de se fixer un délai de non-retour en arrière », évoque Jean-Yves Cavin en interview. Le Crachoir, c’est deux dates, dix humoristes, quatre représentations et 250 places, le tout, dans la cave du Domaine Potterat à Cully.
Plus précisément, qui sont les humoristes appelés à monter sur les planches ? « Sur quelles planches ? », nous reprend Jean-Yves Cavin, avant de demander à Blaise Bersinger : « Et si on mettait un tapis ? » Sur tapis, donc, on retrouvera Thomas Wiesel le jeudi, aux côtés de Marie-Anne Wipf, Benjamin Décosterd et Alix Henzelin, avec Donatienne Amann comme hôte. Vendredi, Blaise
Bersinger prendra ce rôle et accueillera Nina Cachelin, Marion Agoston, Robin Chessex et Yacine Nemra.
250 places
Le choix d’une cave colle plutôt bien au nom, l’inverse aussi, puisque « Tenir le crachoir » renvoie à celui qui parle, tandis que l’autre crachoir est bien connu des dégustateurs de vin. Les organisateurs recommandent toutefois au public de ne pas pousser le concept trop loin avec les crus du domaine. Le format, lui,
restera volontairement serré. La cave doit permettre de conserver cette proximité propre au stand-up,
où quelques mètres à peine séparent l’humoriste de ceux qu’il tente de faire rire.
Deux représentations sont prévues chaque soir, une à 19h et l’autre à 21h, pour un total de 250 places sur l’ensemble du festival. Avant même toute publication sur les réseaux sociaux, un bon quart avait déjà trouvé preneur grâce au bouche-à-oreille et à quelques affiches déposées dans les commerces de Cully. Dimanche matin au marché, il ne restait plus qu’une poignée de places. « Thomas Wiesel a partagé l’événement et les places se sont envolées », précise Jean-Yves Cavin.
Une équipe qui connait la musique
Derrière Le Crachoir, la recette est finalement assez simple : deux humoristes, un organisateur du Cully Jazz Festival et les vignerons Guillaume et Eliane Potterat, qui mettent leur cave à disposition. Guillaume Potterat connaît lui aussi la mécanique des festivals, puisqu’il siège, tout comme Jean-Yves Cavin, au comité d’organisation du Cully Jazz. Quant au sérieux des organisateurs, on a préféré leur poser directement la question.
Interview de Blaise Bersinger et Jean-Yves Cavin
Le Courrier – « Le Crachoir », ça vient uniquement des dégustations de vin ou aussi des plaintes de vos profs parce que vous aviez toujours le crachoir ouvert ?
Blaise Bersinger – Mes profs se plaignaient beaucoup. Et puis quand venait le moment des contrôles, je faisais des bonnes notes. Alors ils n’avaient pas de levier argumentatif pédagogique crédible pour me convaincre d’arrêter de faire le pitre. J’ai d’ailleurs toujours aimé le mot « pitre ». Je voulais appeler ce festival « Pitreries », mais Donatienne et Jean-Yves non.
A l’origine, c’était un « Et si on faisait un festival ? » lancé au marché de Cully. Mais quel a été le vrai élément déclencheur pour passer à l’action ?
Jean-Yves Cavin – Toujours la même chose. Au début on se dit ouais pourquoi pas, mais bon, je fais déjà assez de trucs, mais en même temps ça peut être marrant, mais je sais pas si j’aurai le temps, etc. Au bout d’un moment, on en parle assez pour y croire. Mais le vrai déclencheur de toute action, ça reste de se fixer un délai de non-retour en arrière.
Thomas Wiesel, Yacine Nemra et plusieurs autres humoristes ont accepté de venir jouer dans une cave à Cully. Il faut beaucoup insister auprès des copains ou la perspective de finir la soirée autour d’une bouteille suffit ?
Blaise Bersinger – Je crains, navré pour l’économie de Lavaux, que les humoristes convoqués à ce mini-festival ne soient pas d’immenses buveurs et buveuses (sauf un). L’argument viticole n’a donc pas été nécessaire. Généralement, ce qui convainc un ou une humoriste de venir jouer sur scène, c’est de lui offrir l’occasion de jouer sur scène. Après, si le cadre est magnifique, c’est toujours un plus, mais surtout pour le public.
Vous organisez habituellement des concerts de jazz. Entre des musiciens et une bande d’humoristes, lesquels sont les plus compliqués à gérer ?
Jean-Yves Cavin – Aucune idée, les seuls humoristes que je connais sont Blaise et Donatienne. Et ils se gèrent très bien sans moi donc c’est pas très compliqué. Après, en termes de besoins techniques, c’est sûr que les concerts c’est plus contraignant que le stand-up. Mais le fait que les gens soient pénibles est généralement indépendant de leur métier.
Vous êtes à la fois organisateur et hôte du vendredi soir. Qu’est-ce qui vous inquiète le plus : que l’organisation dérape ou que personne ne rie ?
Blaise Bersinger – Le rôle d’hôte d’un plateau de stand-up n’est pas celui d’un organisateur de soirée, je vous rassure. Il s’agit plutôt d’ouvrir le spectacle, présenter la soirée au public et mettre l’ambiance avant d’accueillir les prochains. Soyez donc sans craintes : ce n’est pas moi qui gère la billetterie, le placement, le bar, le nombre de chaises et l’inclinaison des projecteurs. La soirée sera donc réussie du point de vue organisationnel. Quant au fait que les gens rient… a priori, nous sommes des professionnels.
Montreux a son Festival de Jazz et son Comedy Festival. Maintenant que Cully a aussi les deux, comment comptez-vous vous y prendre pour dépasser Montreux ?
Jean-Yves Cavin – Je suppose qu’on va devoir réfléchir à la question d’un marché de Noël…



