Crache ton venin !
Il est politiquement correct de dire qu’il n’est plus possible de rien dire de nos jours. Le respect exigé par les minorités de toutes sortes est adoubé par les législateurs et mène immanquablement à des frais de justice. L’exposition à une assignation à comparaître devant un tribunal ou, plus simplement de s’exposer à la justice vindicative et immédiate des réseaux sociaux freine l’expression libre de traits d’esprit ou de revendications, justifiées ou non.
L’autocensure est devenue une triste habitude entrée dans nos usages. Réduction drastique de l’entre-soi, gel de la spontanéité et ghettoïsation de la pensée et surtout de son expression, d’où la nécessité vitale de féliciter une nouvelle scène « libre » à Cully, chef-lieu de notre district.
Le Crachoir, objet désuet mais nécessaire afin de ne pas souiller nos sages trottoirs et parquets lustrés, devient maintenant le nom d’un mini-festival de stand-up dont les organisateurs eux-mêmes ne manquent pas d’humour.
Cully possède déjà un festival de jazz reconnu et voilà qu’il s’étoffe d’un festival d’humour. Sans vouloir faire de l’ombre à Montreux, il est permis d’imaginer le prochain Casino ou, comme le mentionne le municipal Jean-Yves Cavin, un marché de Noël… mais je m’égare (de Grandvaux).
Devant une pensée qui s’étiole par manque d’expression, quelques humoristes que je qualifierai de professionnels vu leur capacité à cracher leur venin avec « élégance » tout en dénonçant quelques vérités sans en avoir l’air, trouvent une nouvelle scène et un nouveau public. Il s’agit donc d’un geste de salut public qui devrait être subventionné par l’assurance maladie.
A mon tour de féliciter cette initiative et je suis prêt à cracher au bassinet… Comment ça, c’est déjà complet ?! Jean-Yves, des supplémentaires sont une nécessité publique !



