Fusible providentiel
Dans le cadre de ce qu’il conviendrait d’appeler l’affaire du bouclier fiscal, ce lundi le Bureau du Conseil d’Etat rend une décision ubuesque. D’un côté il affirme « qu’il convient de faire toute la lumière sur ces dysfonctionnements » et « qu’une Commission d’enquête parlementaire (CEP) serait la seule à même d’effectuer le travail » et de l’autre, il s’oppose à cette même CEP pour des raisons de coût de l’opération. Incompréhensible.
Ceci peu après l’annonce des manquements de la conseillère d’Etat Valérie Dittli lorsqu’elle avait la charge du Département des finances. Le rapport de la commission de surveillance pointe des lacunes managériales et une défiance envers l’administration, entre autres potentiels conflits d’intérêts et souffrances humaines au sein de son département.
L’heure des comptes sans doute…
Difficile de ne pas revenir sur la sacro-sainte alliance qui avait vu le retour de la droite au gouvernement. Valérie Dittli avait sans aucun doute été un moteur efficace en faisant le buzz d’une droite atypique, ouverte et innovatrice.
Difficile aussi de ne pas penser au département géré pendant 20 ans par le grand argentier Pascal Broulis, l’homme de « L’impôt heureux »… pour certains. Un département repris par la présidente Christelle Luisier qui a clairement annoncé que 2025 avait été l’année la plus difficile de sa vie politique. On peut la comprendre.
On peut aussi comprendre la complexité d’un département mammouth doté de 13 milliards de budget et de milliers d’employés. Il a fait les belles heures du canton et la jalousie des autres devant tant de gestion exemplaire ces dernières décennies.
Aujourd’hui, sans forcer le fusible, doucement mais avec fermeté, l’issue de secours est clairement indiquée.
Les résultats des Très Riches Heures du canton de Vaud ne doivent pas être questionnées. Toutefois, ce mardi, le Procureur général Kaltenrieder annonce s’autosaisir du dossier et enquêter sur l’application du bouclier fiscal… affaire à suivre.


