France

Georges Pop  |  A trois jours du second tour de l’élection présidentielle en France, la bataille s’annonce acharnée entre partisans et détracteurs de l’Europe. Il est piquant à cet égard de constater que les seconds accusent souvent les premiers d’être les laquais serviles de l’Allemagne de Merkel. Une bonne occasion peut-être de rappeler que le mot France qui a succédé à Gaule a une distinguée origine germanique. En effet, il tire son origine du latin médiéval Francia, autrement dit le pays des Francs, directement dérivé de Frank qui en germain francique désignait les Francs et voulait dire (homme) libre. Les Francs étaient une mosaïque de peuplades germaniques qui occupèrent puis dirigèrent la Gaule à partir du Ve siècle. Leurs divers dialectes ont été classés sous le terme générique de langues franciques. Il est bon de se souvenir que de grands personnages promptement arrimés à la grande Histoire de France et dont le nom a été latinisé étaient en réalité de langue et de culture germanique. C’est le cas de Clovis de son vrai nom Hlodowig, de Charles Martel, alias Karl (le mâle), et même de Charlemagne dont la capitale était à Aachen (Aix-la-Chapelle) et dont le prénom Karl a été latinisé en Karolus puis en Karolus Magnus (Charles le Grand). Il est d’ailleurs cocasse de relever la parenté étymologique entre France, Frankfurt (Francfort) qui désignait jadis le gué des Francs et le prénom Franck (François) ou Frank cher à passablement de Vaudois. Les dialectes franciques fusionnés au bas-latin ont d’ailleurs largement façonné la langue française contemporaine. Quant aux Français modernes, comme leur langue et comme l’a relevé un jour avec un petit sourire feu François Mitterrand, ils sont le produit d’une succession de joyeux métissages au fil des invasions et des migrations: Celtes, Grecs, Romains, Germains, Normands (Vikings), Juifs, Polonais, Russes, Arméniens, Italiens, Espagnols, Maghrébins, Africains… La liste est forcément incomplète et chacun peut s’amuser à l’améliorer!