Forel – Maeva, l’apprentie coiffeuse !
Un moment « mère-fille », volé au temps… Derrière et devant le miroir.

Texte et photos Sonia Biétry | Dans la lumière moderne du salon de coiffure Kevin Kayne d’Oron, Maeva Zimmermann ajuste ses outils. Derrière la transparence de ses lunettes stylées, on devine son regard précis, concentré, mais charmeur.
Face à elle, sa mère s’installe devant le miroir, ouverte et confiante. Ce moment, à la fois intime etprofessionnel, illustre parfaitement ce que la jeune apprentie coiffeuse de dix-huit ans aime le plus dans son métier : l’alliance entre la création artistique et la connexion humaine.
Depuis sa tendre enfance, Maeva savait que la coiffure ferait partie de sa vie. Petite déjà, elle se réjouissait de venir chez le coiffeur. Ses premiers stages scolaires ont confirmé cette intuition. C’est dans ce lieu de beauté et d’échange humain, au naturel tamisé, qu’elle souhaite tracer sa route.
La coiffure, le look, comme lien humain
Pour Maeva, une coiffeuse n’est pas seulement une technicienne capillaire. Elle devient parfois une confidente, une oreille attentive, presque une psychologue incognito. Elle me le confie elle-même avec un sourire sincère : « On parle avec les gens, certains sont adorables ». A l’écouter, je remarque que ces échanges, parfois intenses, la touchent profondément. « Il arrive que les clients nous racontent des choses émouvantes… j’ai envie de pleurer », confie-t-elle. L’émotion fait partie du métier, tout comme la bienveillance.
Ce sens du care, elle le cultive d’abord dans sa vie personnelle. En coiffant sa mère, Maeva retrouve ce plaisir de prendre soin de l’autre, dans un geste empreint de tendresse et de complicité. « C’est un petit moment entre femmes », avoue-t-elle. Pour elle, la coiffure est autant un acte esthétique qu’un temps de partage et de dévouement.
Voilà un peu plus de six mois, qu’elle a commencé sa formation. Sa maîtresse d’apprentissage a veillé à la responsabiliser très rapidement. Supervisée par une collègue, Maeva se lance avec une assurance dans toutes les tâches qui l’attendent pour prendre soin de Céline, sa maman. Brossage, conseils, teinture, rinçage, shampoing (…) brushing, jusqu’à lui demander, lors du face à face final, si elle est contente du résultat.
Technique et précision : l’art derrière la beauté
Sous son air doux, Maeva fait pourtant preuve d’une rigueur impressionnante. Chaque détail à son importance. Pour une coloration de précision, elle commence toujours par appliquer la teinte aux racines avant d’étendre le produit sur les longueurs, garantissant un rendu uniforme. Elle pense aussi au confort de ses client-e-s. Avant toute application, elle protège la peau avec un peu d’huile autour du visage, évitant ainsi les possibles irritations. C’est cette prévenance, à la fois technique et humaine, qui fait déjà d’elle une professionnelle prometteuse, attentive aux détails et à une expérience de qualité.

L’apprentissage de la patience
Maeva adore voir les résultats rapides de son travail. Elle est une grande fan des « avant-après » ; elle reconnaît que la patience reste son plus grand défi. « Les mèches, c’est très long », admet-elle avec un rire, consciente que chaque étape exige rigueur et concentration, si l’on veut admirer un résultat cohérent, qui rende heureux la clientèle.
Cette exigence est aussi son moteur. Elle aime saisir l’occasion aux cheveux, progresser et se perfectionner, convaincue qu’elle n’est pas là par hasard. Chaque journée passée au salon la conforte dans son choix et nourrit son enthousiasme. Certains jours, elle rêve à des coupes extravagantes, d’un art capillaire coloré et osé qui se porte davantage sur les podiums qu’à la Migros d’Oron ou de Lausanne. Cependant, elle accepte avec plaisir de s’adapter à des désirs plus traditionnels.
Un temps pour tout
Entre art, émotion et technique, Maeva incarne une nouvelle génération de passionnées qui voient dans la coiffure bien plus qu’un métier : une mission de beauté et d’écoute. Chaque geste qu’elle pose est un mélange de savoir-faire et de coeur. Oui, toute cette délicatesse est rendue visible à travers le résultat de la coupe de cheveux finale, mais (selon moi) ressentie bien au-delà du miroir…
Un sourire partagé a plus d’une fois embellit nos cheveux !


