Faciliter la circulation autoroutière entre Lausanne Ouest et Villeneuve

L’importance de considérer la solution du Tunnel du Léman

Dans notre édition du jeudi 25 octobre 2018, nous avons présenté les grands avantages que pourraient apporter la construction du Tunnel du Léman. Cette idée doit faire son chemin. L’ingénieur Jean-Louis Amiguet donne les qualités que pourraient connaître cette réalisation. Mais, on le sait, les politiques n’ont pas très envie de perturber les solutions coûteuses apportées par le Conseil fédéral et l’OFROU. Dès lors, il nous paraît utile de publier les contraintes et les perturbations que les automobilistes connaîtront durant de très longues années…   La Rédaction

Le tunnel du Léman n’est pas une utopie !

Situation actuelle

Jean-Louis Amiguet | Depuis plusieurs années, l’OFROU procède à des travaux d’entretien (UPlans) sur l’autoroute A9 entre Lausanne Vennes et Villeneuve, actuellement entre Vennes et Chexbres. Dans son message au parlement en début 2019, le Conseil fédéral a présenté sa vision à long terme pour éviter la surcharge et les goulets d’étranglement sur les autoroutes. Le principe général consiste à élargir les autoroutes à 2×3 voies. Anticipant cette idée, l’OFROU envisage d’aménager l’autoroute entre Lausanne-Vennes et Montreux de sorte à pouvoir utiliser, temporairement ou d’une façon permanente, la BAU comme troisième voie. Ces travaux permettraient de combiner les derniers travaux à effectuer dans le cadre d’UPlans avec ceux pour l’élimination des goulets d’étranglement. Ils concernent principalement l’élargissement des quatre tunnels sur le tronçon précité. La mise à l’enquête du tunnel de Belmont a suscité de nombreuses oppositions.

Pourquoi n’est-il PAS judicieux d’élargir à 2×3 voies l’autoroute entre Lausanne Vennes et Montreux?

Le principe de l’élargissement de l’A9 à 2×3 en utilisant la BAU est une solution judicieuse pour les tronçons surchargés en terrain ouvert et relativement plat. Il permet d’augmenter la capacité des autoroutes sans élargir le gabarit réservé à l’autoroute.
Cependant, ce principe ne s’applique pas entre Lausanne-Vennes et Montreux du fait qu’il comporte quatre tunnels, de nombreux ponts et murs de soutènement côté amont et aval. Ceci nécessite des travaux très complexes, onéreux et des chantiers de longue durée pour leur réalisation. Dans l’optique d’un élargissement systématique de l’autoroute sur le tronçon Lausanne-Vennes – Montreux, il deviendra, impératif d’assurer aussi la fluidité du trafic de part et d’autre de ce tronçon, à savoir le contournement de Lausanne et le tronçon Montreux – Villeneuve avec le tunnel de Glion, le viaduc de Chillon et de la plaine du Rhône. Par conséquent, l’élimination des goulets d’étranglement sur le tronçon Lausanne Ouest-Villeneuve nécessite les travaux suivants:

contournement de Lausanne : envisager d’élargir l’autoroute de 2×3 voies à 2×4 voies ou doubler l’autoroute de contournement par deux voies en tunnel

tunnel de Glion, viaduc de Chillon et de la plaine du Rhône: l’élargissement des trois ouvrages est extrêmement complexe et onéreux; l’alternative consiste à construire un tunnel de contournement de deux voies.

tronçon entre Belmont et Chexbres (ou La Veyre) : des propositions ont déjà été formulées par l’OFROU en décembre 2017. Il s’agit d’élargir l’autoroute systématiquement à 2×3 voies, y compris les quatre tunnels ou de contourner l’autoroute par le nord selon plusieurs variantes. Ces dernières solutions comporteraient de nombreux ouvrages (tunnels, ponts, tranchées, etc.). La réalisation de ces ouvrages sur ou à proximité de l’ouvrage existant pour disposer d’une autoroute sans goulets d’étranglement sur le tronçon Lausanne Ouest – Villeneuve, serait très coûteux.

Il faudrait également compter sur une durée de plus de vingt ans, sans compter les désagréments pour les riverains et les usagers de l’autoroute, pour achever ces travaux. La durée des travaux pour l’élargissement du tunnel de Belmont a été estimée entre 7 et 10 ans. Combien de temps faudra-t-il pour terminer ne serait-ce que les quatre tunnels sur le tronçon Lausanne Vennes – Montreux? La réalisation d’un nouveau tracé d’autoroute en surface du terrain, comme le suggère plusieurs variantes présentées par l’OFROU, nécessiterait de nombreux ouvrages d’art. Cette option apporterait aussi de nombreux problèmes d’aménagement du territoire (expropriations, réaménagement du réseau de circulation locale, amélioration foncière, etc, sans compter les problèmes de pollution, d’émission de bruit, etc.). Le principe préconisé par l’OFROU d’élargir l’autoroute à 2×3 voies est, dans ce cas, inadéquat. Par conséquent, avant d’entamer des travaux, il est impératif de reconsidérer des alternatives plus globales qu’une solution partielle entre Vennes et Montreux.

Pourquoi faut-il prévoir un tunnel de Lausanne Ouest à Villeneuve ?

Pour résoudre les problèmes liés à la sursaturation de l’autoroute entre Lausanne Ouest et Villeneuve à long terme, il est proposé d’adopter le principe alternatif, également connu et appliqué par l’OFROU, pour éliminer les goulets d’étranglement. Il consiste à compléter le, respectivement les tunnels existants, par un ou deux tubes supplémentaires en parallèle aux ouvrages existants. Ce principe a déjà été appliqué pour des longs tunnels autoroutiers comme au Gothard ou au Belchen. Ce principe possède de nombreux avantages

• La construction du nouvel ouvrage ne perturbe pas le trafic sur l’autoroute existante.

• Les travaux d’entretien sur les deux ouvrages sont grandement facilités.

• L’ensemble du trafic n’est pas concentré sur un ouvrage à plus de 2×2 voies.

• Le nouveau tracé du tunnel peut être déplacé en plan ou en altitude par rapport à l’ouvrage existant.

• On pourrait s’imaginer une séparation fonctionnelle des types de véhicules (véhicules autoguidés/non-guidés, lourds/légers, polluants/non-polluants, etc.)

• Un tunnel combiné rail/route (transport public/privé) pourrait également être envisagé.

La proposition se porte sur un tunnel à deux tubes à deux voies d’environ 45 km entre Lausanne Ouest et Villeneuve telle qu’elle a été présentée dans les rapports du 28 mai 2017 et du 10 avril 2018. Les deux entrées/sorties intermédiaires sont situées vers Lutry Est et vers Clarens. Elles délimitent à l’ouest le contournement de Lausanne, au centre le tronçon de Lavaux et à l’est celui de la Riviera.

Conclusions

Avant d’adopter le principe d’élargir l’autoroute systématiquement à 2×3 voies entre Lausanne Ouest et Villeneuve et d’investir pour des travaux sans fin et à petite doses, il est impératif d’étudier au préalable, si ce principe est judicieux dans le cas particulier d’une autoroute à flanc de coteaux. La comparaison devrait aussi porter sur l’aspect coût en y incluant les aspects non-matériels (facilitation des travaux d’entretien, déneigement, perturbation pour les riverains, capacité globale du trafic, timing de la planification, etc.). Au final, la solution d’un tunnel autoroutier paraît être très intéressante à l’horizon 2070 !

Le tunnel du Léman s’impose comme solution

• Financièrement intéressante

• Ecologiquement favorable

• Réalisation sans perturbation pour les riverains et les usagers de l’A9

• Une meilleure répartition du trafic entre le haut et le bas du versant du Léman

• Possibilité d’une réalisation par étape

• Absorption d’une part importante du trafic local

• Permettre de simplifier les travaux d’entretien futurs

• Epargner les conséquences désastreuses d’aménagement du territoire d’un nouveau tronçon d’autoroute dans les hauts du Léman

• Permettre d’augmenter de 2×2 voies + 2BAU la capacité autoroutière de l’AR actuelle entre Lausanne Ouest et Villeneuve et non pas que de 2x une seule voie «volée» aux 2 BAU existantes.

«Vive le Tunnel du Léman»