Exposition – Le MCBA présente ses collections de peinture suisse et française



fenêtre, vers 1932. Legs de Laure Rochat, 1999.

Sur deux étages, la Musée cantonal des Beaux-Arts a choisi de mettre en valeur la peinture suisse pendant plusieurs siècles, ainsi qu’une exposition temporaire sur les peintures françaises 1800-1945. Au premier étage donc, on est accueilli par une œuvre rarissime, l’évocation très réaliste du massacre de la Saint-Barthélémy en 1572 par Jean Sablet. Rien ne manque à cette description qui fait froid dans le dos : corps de protestants décapités, éventrés, émasculés, traînés sur le sol parisien par une soldatesque et une foule catholiques fanatisées. Beaucoup plus sereine, la douce Vierge à l’Enfant de Quentin Metsys, chef d’œuvre de l’art flamand. Lui succèdent une série de tableaux mythologiques ou orientalisants qui paraissent aujourd’hui bien datés. Avec le XIXe siècle triomphent les visions de montagnes, qui vont contribuer à l’image nationale emblématique de la Suisse, ainsi que des tableaux liés à la vie rurale, comme ceux d’Albert Anker et du Vaudois Eugène Burnand. François Bocion a essentiellement pris comme sujets de ses toiles le lac Léman, ses couchers de soleil rougeoyants, ses barques et bateaux à vapeur. On y rencontrera aussi des peintres français, tels Jean-Baptiste Corot peignant Lausanne depuis L’Hermitage. Enfin on ne manquera pas le superbe ensemble de statues filiformes d’Alberto Giacometti, fruit d’une donation exceptionnelle et récente au musée. Au second étage règne l’art contemporain, avec notamment Jean Dubuffet, « l’inventeur » de la notion d’Art Brut, Emilienne Farny et la Lisboète Vieira da Silva.
La peinture française
La présence de celle-ci dans la capitale vaudoise est surtout due à une politique d’achats par le Musée Arlaud, ancêtre de Palais de Rumine puis de Plateforme 10, et cela dès 1841, avec des moyens financiers néanmoins fort modestes. Mais surtout à d’importants legs, dont celui du Dr Widmer. Malheureusement, plusieurs pièces se sont révélées ultérieurement être des faux ou des copies… L’exposition rend compte aussi du long travail de recherche et d’identification opéré par l’institution. Admirons surtout une splendide Marine de Monet, l’un des rares chefs-d’œuvre absolus d’une collection lausannoise qui reste cependant relativement modeste en regard des grands musées européens (si l’on excepte bien sûr le remarquable ensemble d’œuvres de Félix Vallotton, qui a fait l’immense succès de la précédente exposition !) Si l’on trouve donc peu de tableaux de tout premier plan, on appréciera de belles toiles intimistes d’Edouard
Vullard et Pierre Bonnard. Remarquons encore une très réussie Nature morte au couteau noir d’Henri Matisse.
Donc en résumé, une double exposition qui ne provoquera sans doute pas l’enthousiasme, mais qui offre un panel d’oeuvres différentes par leur époque, leurs sujets et leurs styles.
La collection, et exposition
« Peintures françaises 1800-1945 »,
MCBA, Lausanne, jusqu’au 16 août.


