Equité ? …

Non, le noir et le blanc ne sont pas des couleurs ! Et l’esclavage n’en n’avait pas

Pierre Scheidegger, Panathlon-Club Lausanne | Il est certain et c’est navrant, l’être humain a toujours désiré asservir son prochain. Il n’a certainement pas choisi le blanc ou le noir… mais bien l’être qu’il pouvait considérer comme « son » inférieur ou… prise de guerre. A ce jour, on a peut-être oublié le plus important, l’équité entre humains, soit l’acceptation d’une réalité immuable, l’homme, la femme, d’où qu’ils viennent doivent respecter la société où ils vivent et… se respecter d’en quelque domaine que ce soit !

Etonnant … 

Il est blanc et avait environs 25 ans. Sportif, pratiquant du sport de compétition, le basket à niveau supérieur se trouve depuis quelques cinq mois aux Etats-Unis d’Amérique. Le hasard a voulu qu’une place de sport se trouvait à quelques encablures de son quartier. Il s’approcha, regarda et entra sur cette place de jeux où jouaient de jeunes noirs. Il leur demanda s’il  pouvait se joindre à eux, en les informant qu’il pratiquait également ce sport. Pas de réponse, l’indifférence, le silence! Durant près de trois semaines, il retourna régulièrement sur cette place de sport et… regarda.

Puis le déclic !

Un jeune s’approcha et lui demanda s’il voulait se joindre à eux… un de ses coéquipiers s’étant blessé. Il accepta et fut pendant tout son séjour intégré, sans aucune arrière-pensée. Cette situation, cette expérience étaient vraiment une volonté de justice par le sport. Il n’y avait plus de problème de peau. Par ces jeunes sportifs noirs… l’équité était devenue active.

Ne pas confondre égalité… et équité

L’égalité ? On peut l’oublier… car quasi impossible à réaliser. L’équité est le respect, soit l’esprit de justice, d’abolition des
différences.

Et le sport ? 1968…

Mexico ! Les jeux de la révolution par le sport ? Non ! Mais alors qu’elle révolution ? Presque une découverte. Certainement, et ne nous trompons pas, celle d’une terrible ségrégation raciale dans certains pays. Mais aussi l’utilisation mercantile de sportifs à des fins bassement politiques et économiques. Pour certains gouvernements, le sportif noir était tout trouvé pour assouvir leurs désirs.

Etrange

Alors que les organisateurs des Jeux olympiques de Mexico avaient axé leur programme de marketing et culturel sur le fair-play et la paix, plusieurs athlètes ont fait valoir leur situation de sportifs d’élite dans leur pays. Oui, ils ont osé, tant leur situation devenait insupportable. Ils l’ont fait sans violence. Exclusivement par le geste. Une volonté de courage, décuplée par leurs exploits qui, il est vrai, le leur permettaient. Les images de Smith et Carlos levant le point ganté de noir et baissant la tête lors de l’hymne national de leur pays, furent les porte-paroles de ce « ras le bol » suivis par la plupart des grands noms des athlètes noirs de l’athlétisme avec, pour point d’orgue, le fantastique record du saut en longueur de Bob Beamon.

Quel est le message ?

L’ensemble des sportifs d’élite, tous sports confondus, se sont joints aux manifestations provoquées par le drame de ce jeune noir étouffé sous le genou d’un policier. Geste innommable, il faut le reconnaître. Alors, pourquoi ces champions de renommée mondiale ont-ils mis un genou à terre ? Voulaient-ils imiter le geste réprimandable… ou pourrait-on le considérer comme une image de soumission ? Les bonnes volontés ne sont pas toujours comprises à leur juste valeur ! A chacune et chacun d’en faire son choix, tout en acceptant qu’un sportif, une sportive restent… un être humain. 

John Carlos, Tommie Smith, Peter Norman, 1968