Dramatique parité

La classe politique vit des temps cahotiques, c’est le moins que l’on puisse dire

Mais c’est une époque intéressante en soi si l’on considère un certain retour à des valeurs cardinales qui semblaient perdues dans les (mauvaises) habitudes et usages. Une renaissance des valeurs éthiques, un désir de remettre l’église au milieu du village en quelque sorte. Dans la seconde quinzaine de mars 2019 aura lieu l’élection d’un nouveau conseiller d’Etat vaudois, à la suite du départ de Pierre-Yves Maillard. L’hiver n’a pas commencé que la succession fait déjà les gros titres et que les candidats se bousculent au portillon de ce poste prestigieux. Dans un cadre actuel décrédibilisant – dérapages pécuniaires et autres abus de fonction – la classe politique subit l’assaut d’une autre variable qui pèse de tout son poids sur la campagne : la parité. Apparue à la suite des batailles sur l’égalité homme-femme, la parité semble logique et louable… Dans ce calcul (et ironiquement), nous pourrions féliciter le Conseil d’Etat vaudois pour sa sortie de crise grâce à une parité plus que respectée avec quatre femmes et trois hommes à sa tête. Un signe évident de gouvernance équilibrée… ou pas. Dans les campagnes actuelles, il est devenu dangereux de ne pas favoriser une candidate dans les postes à repourvoir. Le candidat masculin dont la tête dépasserait serait immédiatement soumis à l’opprobre et affublé de l’étiquette de Ladykiller, pas forcément un bon signe pour le parti et pour le scrutin. Le drame se joue à guichet fermé. Quel parti oserait présenter un candidat masculin en primeur à l’heure actuelle ?… et que dire d’une telle démocratie où le genre l’emporte sur les compétences ?! La dramatique est là.