Mézières – Le Théâtre du Jorat présente sa prochaine saison

La Grange Sublime s’animera dès le 26 avril

Douglas LeBorgeau  |  Après le coup de Trafalgar du Conseil de fondation du Théâtre du Jorat qui a vu la démission de la présidente accompagnée de cinq membres avec effet imédiat dont le syndic de Jorat-Mézières Patrice Guenat, il était légitime de se demander ce qu’il adviendrait de cette vénérable institution à la veille de son 111e anniversaire? Comme à la bataille de Trafalgar, si le vice-amiral Nelson y trouva la mort, l’issue de la guerre en est ressortie gagnante. Pourtant le bilan 2018 était des plus satisfaisants: 22 productions ont été présentées dont 5 créations. Sur les 35 représentations, 15 étaient à guichets fermés. Il y a eu 20’978 entrées, soit 72,04% de fréquentation, contre 22’227 et 75,54% en 2017 et 705 abonnés. Soit une légère baisse que l’on constate dans pratiquement tous les théâtres. Le syndic Patrice Guenat donne sa version de la brutale démission des membres du Conseil. Les démissionnaires sont très déçus de l’attitude des autorités cantonales. Le théâtre est classé au Patrimoine architectural et culturel en catégorie Une. Le problème est que les services du conseiller d’Etat Pascal Broulis ont refusé d’aider à l’entretien du théâtre. Alors que l’on s’achemine vers une baisse d’impôts, sous entendu que l’Etat a trop d’argent, le grand argentier de l’Etat de Vaud se moque comme de sa première chemise du théâtre, qui est pourtant unique au monde! Il poursuit, « C’est la principale raison de notre démission et nous pensions qu’elle ferait davantage de bruit. Mais ça ne veut pas dire que je ne reviendrais pas sur ma décision car le nouveau Conseil a besoin d’un représentant des autorités locales. » C’est grâce au courage de Christian Ramuz qui a repris la présidence, et de son équipe réunie au pied levé, que le directeur Michel Caspary a présenté la nouvelle saison concoctée pour l’an prochain. Tout de suite, il a averti que la programmation serait allégée, faute à la Fête des vignerons de Vevey. La saison débutera le 26 avril par une adaptation de William Shakespeare «Le Songe d’une nuit d’été» retravaillée par la mise en scène de Dan Jemmett en devenant «Je suis invisible». Du théâtre ludique, presque enfantin, qui invite les spectateurs à une participation active et imaginative, entre fiction et réalité. Cette pièce sera jouée par cinq comédiens. Cette production sera suivie de 12 spectacles, répartis jusqu’au 29 septembre. Parmis les représentations dans la Grange Sublime nous avons retenu au hasard «La Danse du Soleil» avec le Geneva Camerata présentée le jeudi 2 mai. Cette troupe a résonné par deux fois au Théâtre du Jorat. Sa renomée internationnale est fulgurante. Trente musiciens dansent et jouent deux grands chefs-d’œuvre orchestraux «Le Bourgeois Gentilhomme» de Lully et la «40e Symphonie» de Mozart, qui est une des dernières œuvres du génie. Les jeudi et vendredi 16 et 17, l’humour ne sera pas oublié. Yann Lambiel et Marc Donnet-Monay présenteront leur spectacle «Nous». Nul doute que ces deux comiques valaisans qui «imitent peu et osent se développer» se chambrent avec délectation, se motivent mutuellement et s’aiment visiblement. «Nous», est bel et bien un spectacle rêvé et conçu à deux, écrit à deux et joué à deux. La saison du Théâtre du Jorat prendra fin avec les spectacles (du mercredi au dimanche) «Odysseus Fantasy» de la Compagnie des ArTpenteurs. Ils se feront sous un chapiteau placé en face du théâtre et sont hors abonnement. Après ce déluge de productions originales, on ne saurait oublier le mot du tout nouveau président Christian Ramuz du Conseil de fondation du Théâtre du Jorat, que Yann Lambiel va nous a-t-il dit rendre célèbre, à propos des Amis du Théâtre du Jorat dont il n’est plus pour très longtemps président: «Les grandes fourmis font les grandes rivières.» Avec l’espoir qu’elles restent dans les rivières.

Christian Ramuz, président du Conseil de fondation

Michel Caspary, directeur

Marc Donnet-Monay et Yann Lambiel présenteront leur spectacle « Nous »