Désarroi
Je ne pensais pas commencer l’année sur une telle note…
Des souvenirs reviennent par légions. Je ne suis certainement pas le seul à voir surgir en mémoire les camps de ski, les sorties entre copains puis les week-ends de fin d’année en station dans le chalet prêté pour l’occasion par les parents d’un ami, en leur présence ou non. Une jeunesse forgée naturellement autour du ski, puisque les montagnes sont là.
Cette période de jeunesse n’a pas vraiment changé, certaines mauvaises langues rétorqueront qu’elle ne m’a jamais vraiment quitté. Pas faux… Nous avons, pour la grande majorité d’entre nous, eu le plaisir de grandir les skis au pied accompagné de cette envie furieuse de voir la neige tomber pour dévaler les pentes.
L’après-ski n’a lui non plus pas disparu. Tradition dans les stations, surtout en fin d’année ou nous rentrions péniblement vers le chalet aux petites heures.
Puis le drame, cassant, brutal. Pas le temps de se lever au ciel bleu de la nouvelle année. La page blanche du 1er de l’an se noircit à la première information du matin. Stupeur et torpeur ne me quittent plus. Désarroi devant ce coup du sort, j’apprends que certaines des victimes avaient initialement fait le choix d’une autre station, mais…
Cela aurait pu être n’importe quel bar, n’importe quel tenancier et n’importe quelle commune. Cela aurait pu se passer en ville, mais la beauté des montagnes et de la neige ne rend la tragédie que plus ahurissante.
Chercher la faute, trouver la personne à blâmer de notre colère de perdre un proche, n’est pas rassurant. Aucune vindicte, aucun lynchage n’a jamais apporté l’apaisement.
A quelque chose malheur est bon, j’ai envie de pleurer. Force est de constater, jour après jour, que les valeurs humaines n’ont pas disparu. Des émotions non dissimulables, une solidarité de tous les fronts, un courage individuel et intuitif et humble s’affichent partout.
Une entente individuelle, communale, cantonale, nationale et internationale, orientée vers un seul but, celui de la communauté a eu besoin d’une tragédie réelle pour voir le jour sur fond de montagnes enneigées.
Mon désarroi cède face à l’espoir.


