Des nouvelles de «Parlons français Moudon»

Propos recueillis par André Denys, membre du comité de PFM | Chaque année, des femmes et des hommes d’origines, de cultures et de langues étrangères sont accueillis dans notre région. Ces nouveaux résidents ont à relever un défi commun: l’apprentissage de notre langue. «Parlons français Moudon» offre à celles et ceux qui le désirent un accès presque gratuit à des cours hebdomadaires dispensés par des bénévoles.
Ces bénévoles, qui sont-ils ? Quelles expériences partagent-ils avec leurs élèves ? Nous avons posé ces questions à Catherine Ghiraldi, enseignante bénévole débutante.

Depuis combien de temps enseignez-vous le français aux étrangers?
Après avoir beaucoup entendu parler de l’association «Parlons français Moudon», je me suis lancée dans l’aventure au début de cette d’année. J’y dispense quelques heures de cours, à quinzaine.

Aviez-vous déjà enseigné auparavant?
Non, c’était une première pour moi. Mais avant de me retrouver seule face à mes propres élèves, j’ai pu compter sur la bienveillance de mes collègues qui m’ont parfaitement préparée à mes nouvelles responsabilités.

Qu’est-ce qui vous a décidée à tenter cette expérience?
C’est d’abord l’enthousiasme d’une amie qui y enseigne et m’en a parlé. Je me suis alors demandé quelle serait la première chose dont j’aurais besoin si je venais d’une région ou d’un pays non francophone? Sans aucun doute: pouvoir comprendre les autres et me faire comprendre. Cette réponse a suffi pour me décider à rejoindre l’Association, offrir un peu de mon temps et faire l’expérience de l’enseignement du français.

Quelles sont vos impressions après quelques mois d’activité?
C’est très enrichissant. Ces cours de français sont pour moi une façon conviviale de rencontrer des immigrés installés chez nous. Non seulement ceux-ci apprennent le français en suivant mes cours, mais ils me font «voyager» en m’apprenant beaucoup de leur pays et de leur culture.

Quelles sont les particularités de cet enseignement?
Peut-être le fait que l’on partage plus que l’apprentissage du français. On a en effet aussi le plaisir de pouvoir transmettre un peu de notre culture régionale et de nos habitudes suisses romandes.

Qui sont vos élèves?
Je retrouve tous les 15 jours un groupe de 6 à 8 adultes. Ce sont des hommes et des femmes, venant de divers pays du monde. Beaucoup travaillent dans la région. Certains ont quitté leur terre natale en raison de ce qui s’y passe.

Recevez-vous suffisamment de soutien de la part de vos collègues?
On peut toujours compter les uns sur les autres. Et puis, nous nous réunissions deux à trois fois par an afin de partager nos idées et nos expériences. Pour nous, c’est l’occasion de découvrir plusieurs façons d’enseigner. Cela offre la possibilité d’évoluer, de continuer à apprendre, et de tout faire pour que les cours restent aussi intéressants que possible, pour les élèves comme pour les enseignants.

Vous avez décidé de vous engager pour une nouvelle année scolaire
Oui, pour moi l’aventure continue. Et à ce propos, l’Association recherche toujours de nouveaux bénévoles. Ceux-ci peuvent nous joindre par téléphone au 079 560 19 26 ou en visitant notre site web www.parlonsfrancaismoudon.ch. Ils seront vraiment les bienvenus!

Pour terminer: qu’est-ce qui vous motive particulièrement?
Il y a beaucoup de raisons au plaisir que j’ai à faire cette expérience. En citer une? La persévérance des élèves qui participent très régulièrement, même après de longues journées de travail. C’est très gratifiant de les entendre petit à petit s’exprimer dans la langue de Molière.